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Benalla "a commis des violences", insiste l'avocat du couple molesté

Les deux jeunes molestés par Alexandre Benalla dénoncent des "violences".

Les deux jeunes molestés par Alexandre Benalla dénoncent des "violences". - Capture

Silencieux depuis les premières révélations de l'affaire Benalla, le couple molesté par l'ancien chargé de mission de l'Elysée place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai dernier, devrait être prochainement entendu par le juge d'instruction en charge du dossier. Face à la défense d'Alexandre Benalla, qui parle de "gestes vigoureux" de sa part, les deux jeunes gens avancent au contraire des "violences volontaires".

"On a un jeune homme qui est à terre et qui se fait alpaguer (...). On ne peut pas parler de gestes vigoureux, le jeune homme était entouré des services de police, Alexandre Benalla n’avait pas de raison d’intervenir, il n’avait pas de raisons de l’attraper comme il l’a fait. C’étaient vraiment des coups." Pour la défense du couple molesté par l'ancien chargé de mission de l'Elysée place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai dernier, il ne fait aucun doute qu'Alexandre Benalla assouvissait "une volonté de violence".

Le jeune homme, cuisinier grec, et la jeune femme, graphiste française, en veulent pour preuve les certificats médicaux qui leur ont été délivrés 10 jours après les faits, pour une raideur cervicale et des douleurs à la poitrine. Quatre jours après encore, ils ont dû se faire prescrire des antidouleurs. "Il l’étrangle avant de le relever puis de le jeter par terre et de lui asséner un coup extrêmement violent", rappelle Me Sahand Saber, l'avocat du couple. "Il pensait que c’était un policier, il voit un homme avec un casque, avec un brassard de policier, à aucun moment il pensait qu’il y avait un chargé de mission de l’Elysée sur les lieux."

"Ils vont mieux"

Ce 1er mai, le couple s'est rendu place de la Contrescarpe, à Paris, afin de boire un verre, détaille le conseil. Alors qu'un groupe de manifestants s'est dirigé vers la place, "dans une curiosité qui n’était pas du tout appropriée à l’instant, ils décident de rester pour voir à quoi pouvait ressembler une charge de CRS". L'avocat reconnaît sans problème le comportement inadapté de ses clients. Alors que les deux jeunes gens ont pris des coups lors de la charge des policiers, dans "une réaction sanguine, colérique, irréfléchie, ils se sont saisis d’objets qui étaient à portée de main et ils les ont jetés sur les CRS".

"Pour autant, ça n’en fait pas des gens violents", martèle Me Saber pour justifier l'incompréhension de ses clients face à l'intervention d'Alexandre Benalla.

Lors de son audition devant la commission parlementaire, le préfet de police, Michel Delpuech, avait indiqué que les deux manifestants violentés avaient menti sur leur identité lors de leur interpellation. "Ils vont bien, ils vont mieux depuis que leurs propos ont été confirmés par les éléments de la procédure, notamment le fait qu’ils n’ont pas menti aux services de police quand ils ont été interpellés ni sur leur nom, ni sur leur profil, ni sur le motif de leur présence place de la Contrescarpe", se félicite l'avocat, rappelant que ses clients ne sont pas poursuivis pour violences graves et répétées pour les événements du 1er-Mai.

"Beaucoup de fantasmes"

Après son audition au Sénat ce mercredi matin, Alexandre Benalla doit être entendu le 28 septembre prochain par le juge d'instruction en charge de l'affaire. En juillet dernier, il a été mis en examen pour violences en réunion, immixtion dans l'exercice d'une fonction publique, port sans droit d'insignes réglementés et recel de détournement d'images, ainsi que pour recel de violation du secret professionnel. A l'instar de son avocat qui parlait vendredi dernier sur notre antenne de gestes qui s'inscrivent dans un cadre légal, l'ancien homme fort d'Emmanuel Macron assure n'avoir jamais porté de coups, mais évoque seulement "des gestes vigoureux".

"Beaucoup de choses ont été dites sur eux, beaucoup de fantasmes ont été nourris à leur égard, eux ils souhaitent rapporter leur vérité, ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu. Ils n’ont pas d’attente particulière vis-à-vis de ça tout au plus que les violences qu’ils ont subies, et notamment le jeune homme, soient imputées à monsieur Benalla, puisque c’est bien lui qui a commis les violences", conclut leur avocat.
Justine Chevalier avec Cécile Ollivier