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"Face à la colère, Alexandre Benalla ira mercredi matin" devant la commission du Sénat

Me Laurent-Franck Lienard, l'avocat d'Alexandre Benalla.

Me Laurent-Franck Lienard, l'avocat d'Alexandre Benalla. - Capture BFMTV

L'ancien chargé de mission de l'Elysée est convoqué mercredi 19 septembre devant la commission d'enquête du Sénat.

"Oui, normalement", Alexandre Benalla se rendra mercredi prochain devant la commission du Sénat concernant l'affaire qui porte son nom. Après un premier refus, l'ancien chargé de mission de l'Elysée a accepté de se présenter devant les sénateurs comme ils l'avaient souhaité. "Il prévoit d’y aller, non pas volontairement et spontanément parce qu’il est un peu agacé par la manière dont il a été convoqué sous la menace, (...) pour ne pas subir ces menaces", a estimé son avocat Me Laurent-Franck Lienard.

Le doute reste toutefois permis: "Je suis en train de prendre des renseignements pour voir quels sont les recours possibles et voir quelles sont les contestations que nous pourrions faire contre cette commission", prévient l'avocat qui reconnait que le délai imparti reste court.

Mardi, Alexandre Benalla avait annoncé qu'il ne se présenterait pas devant la Commission d'enquête parlementaire ouverte après les événements du 1er-Mai place de la Contrescarpe à Paris. Quelques heures plus tard, le jeune homme de 27 ans revenait sur cette décision et indiquait se soumettre à sa convocation. "En annonçant qu'il n'irait pas, nous espérions que ça allait générer chez les sénateurs un certain recul, commente Me Lienard. Et au lieu de générer de la raison, nous avons généré de la colère. Face à la colère, il ira mercredi matin et il répondre aux questions auxquelles il peut répondre."

"Il ne peut pas répondre à des questions qui portent sur l’enquête mais surtout la commission n’a pas le droit de poser des questions sur l’enquête", poursuit le conseil.

"Tendu"

Assurant que son client "se prépare" à cette audition, Me Lienard estime que les réflexions portent sur "ce qu’on peut lui demander, c’est-à-dire à restreindre le champ". "Il ne peut pas véritablement donner beaucoup de détails, il n’en a pas le droit, insiste l'avocat. Il ne peut pas parler de la sécurité du président de la République, c’est couvert par le secret de la défense nationale. Il peut expliquer son rôle à l’Elysée sous réserve au secret professionnel, sous secret de la défense nationale."

Plus délicat, rien ne permet d'assurer qu'Alexandre Benalla souhaite répondre simplement aux sénateurs. "Autant il répond sans difficulté à l’institution judiciaire ou aux policiers qui l’interrogent, autant il voit que cette commission est purement politique, qu’elle ne vise absolument pas l’affichage qu’elle présente, indique son conseil. Le but de cette commission n’est pas de faire le point sur ce qui se passait dans les services de l’Etat." Décrit comme "broyé", "tendu", Me Lienard assure que le jeune homme de 27 ans malgré une esprit "combatif", "arrive à bout".

"Il est étonnamment fort. Mais je pense que là on arrive à la contrainte maximum", conclut l'avocat.
Justine Chevalier