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Attentats du 13-Novembre: une fausse victime présumée jugée à Paris ce jeudi

Des incohérences dans son récit avaient éveillé l'attention et conduit à l'ouverture d'une enquête en janvier dernier.

Des incohérences dans son récit avaient éveillé l'attention et conduit à l'ouverture d'une enquête en janvier dernier. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Présentée au tribunal correctionnel le 27 juin à l'issue de sa garde à vue, Alexandra D., avait obtenu un délai pour préparer sa défense.

Couronne de fleurs sur la tête, elle s'était faite la porte-parole des "terrasses" du 13 novembre: Alexandra D., fausse victime présumée des attentats, comparaît jeudi à Paris pour escroquerie et faux témoignage.

Présentée au tribunal correctionnel le 27 juin à l'issue de sa garde à vue, cette trentenaire avait obtenu un délai pour préparer sa défense.

Elle était repartie libre mais soumise à un contrôle judiciaire assorti notamment d'une obligation de soins psychiatriques.

Elle était inscrite sur la Liste unique des victimes

Il lui est notamment reproché d'avoir escroqué à hauteur de 20.000 euros le Fonds de garantie des victimes de terrorisme et autres infractions pénales (FGTI) entre janvier 2016 et mai 2017. Elle était en effet inscrite sur la Liste unique des victimes (LUV), établie par le parquet, ce qui lui avait ouvert des droits à l'indemnisation.

Peu après les attaques jihadistes qui avaient fait 130 morts le 13 novembre 2015, cette femme de 32 ans avait déclaré se trouver sur la terrasse du Carillon, l'un des deux premiers bars touchés par des fusillades, avec deux amis qui avaient, selon ses dires, trouvé la mort.

Il y avait des incohérences dans son récit

Elle expliquait avoir pris une rafale de kalachnikov dans le coude, qui lui avait laissé une cicatrice de six centimètres après le "retrait de la balle" en janvier 2016, photos à l'appui postées sur les réseaux sociaux.

Mais des incohérences dans son récit avaient éveillé l'attention et conduit à l'ouverture d'une enquête en janvier dernier.

Sur des vidéos tournées par des médias étrangers le 14 novembre 2015 et dans plusieurs articles de presse, la jeune femme expliquait ainsi qu'elle était une habituée du Carillon, mais n'y était pas le soir des attaques.

On la voyait alors, les yeux rougis, témoigner face caméra devant la vitrine criblée de balles du Carillon, sans porter la moindre trace de ses blessures supposées.

Elle faisait des références à sa "blessure" sur les réseaux sociaux

Très investie dans l'association de victimes Life for Paris, dont elle était membre, Alexandra D. aimait rencontrer les officiels lors des cérémonies, où elle était facilement identifiable avec sa couronne fleurie, et faisait de multiples références à sa "blessure" sur les réseaux sociaux.

Elle avait été interviewée et photographiée par l'AFP en novembre 2017 dans le cadre d'un article sur les victimes ayant eu recours au tatouage comme "thérapie".

Une quinzaine de personnes condamnées pour tentative d'escroquerie

Une quinzaine de personnes ont déjà été condamnées pour tentative d'escroquerie ou escroqueries liées aux attentats de 2015. La dernière en date concerne une femme qui s'était fait passer pour une victime du Bataclan, condamnée en mars à quatre ans et demi de prison.

Contacté par l'AFP lundi, son avocat n'a pas donné suite.

N.Ga., avec AFP