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Une fausse victime du Bataclan placée en détention provisoire

L'homme expliquait avoir été victime des tirs alors qu'il se trouvait sur la terrasse du Bataclan le soir des attentats.

L'homme expliquait avoir été victime des tirs alors qu'il se trouvait sur la terrasse du Bataclan le soir des attentats. - AFP

L'homme, âgé de 29 ans, a fait une demande d'indemnisation auprès du Fonds de garantie alors qu'il déclarait être présent sur la terrasse du Bataclan le soir du 13-Novembre. Un témoignage mensonger.

Il est poursuivi pour "tentative d'escroquerie" au préjudice du Fonds de garantie des victimes de terrorisme. Cédric R., 29 ans, était jugé ce vendredi par la 6e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Versailles pour s'être fait passer pour une victime des attentats du 13 novembre 2015. L'audience a été renvoyée au 1er décembre et, dans l'attente, le prévenu placé en détention provisoire.

Le 11 novembre 2016, Cédric R. dépose un dossier d'indemnisation auprès du Fonds de garantie des victimes de terrorisme. Employé de la sécurité civile, il affirme qu'il était présent sur la terrasse du Bataclan et qu'il a été victime des premiers tirs du commando de jihadistes qui a tué 90 personnes dans la salle de concert. Une version qu'il raconte également aux fils des interviews, montrant la Marianne qu'il s'est fait tatouer sur un bras.

"Ça ne ressemble pas à des pétards, comme on l’a beaucoup dit, confie-t-il à Libération en février 2016. C’est beaucoup plus sec, comme un bruit de caisse claire." Il parle aussi à l'AFP de "cette femme qui a pris des balles pour [lui]: le terroriste resté à l'entrée a braqué... Cette femme enceinte est passée devant le canon et elle a pris les balles qui m'étaient destinées."

"Faute impardonnable"

Rapidement, une enquête de police judiciaire vient contrarier ces propos. Les enquêteurs ont en effet relevé des incohérences dans son récit et démontré, notamment à travers la téléphonie, qu'il n'était pas au Bataclan le soir des attentats, mais dans les Yvelines où résident ses parents. C'est d'ailleurs lors d'une visite chez eux, alors que Cédric R. résidait en Nouvelle-Calédonie, qu'il a appris que les gendarmes souhaitaient l'entendre. Il avait alors avoué la supercherie.

"J’ai fait une erreur, j’ai franchi une limite impardonnable", a reconnu le jeune homme lors de son audience ce vendredi, rapporte LCI. Le tribunal correctionnel a toutefois ordonné le renvoi du procès au 1er décembre, dans l'attentat de recevoir une expertise psychologique et psychiatrique du prévenu.
Justine Chevalier avec AFP