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Après l'attentat de Manchester, quelle sécurité pour les spectacles en France

Des consignes ont été données aux préfets en matière de sécurisation des lieux de spectacle.

Des consignes ont été données aux préfets en matière de sécurisation des lieux de spectacle. - AFP

Quelques heures après l'attentat de Manchester, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, a envoyé une circulaire aux préfets pour renforcer encore la sécurité des spectateurs et des lieux de spectacles, déjà à un niveau très élevé depuis l'attentat du 13 novembre au Bataclan.

"Nous ne céderons jamais face au terrorisme", a rappelé aux Français Gérard Collomb ce mardi. Quelques heures après l'attaque terroriste à Manchester, qui a fait au moins 22 morts, le ministre de l'Intérieur a voulu faire passer un message: les événements culturels et sportifs, et notamment la saison des festivals, seront maintenus. Mais alors que la menace reste élevée dans l'Hexagone, une réunion s'est tenue mardi matin place Beauvau avec les principaux responsables de services de renseignement et de sécurité.

"Vigilance accrue"

Dans l'après-midi, cette réunion de crise s'est traduite par un télégramme envoyé par le ministère de l'Intérieur aux préfets pour leur donner des consignes en matière de sécurisation des lieux de spectacles. L'objectif est principalement de mieux protéger les abords de ces lieux, alors que le Festival de Cannes bat son plein, que le tournoi de Roland Garros débute ce dimanche à Paris, et que Lyon accueillera Les Nuits de Fourvière à partir du 1er juin. 

Concrètement, l'ensemble des préfets de France sont appelés à sensibiliser les responsables de ces événements à la sécurité, avec une vigilance accrue aux abords des lieux de spectacles, notamment avec une meilleure surveillance des files d'attente et des sorties des spectateurs. Les patrouilles de police et de gendarmerie doivent être plus dynamiques et plus visibles près de ces endroits, catégorisés comme cible, et la vidéosurveillance doit être mis au service de cette sécurisation.

"Toute situation anormale ou inhabituelle donnera lieu à une intervention", écrit le ministre.

Horaires des patrouilles adaptés

A Paris, déjà visée en 2015 par une attaque terroriste qui a fait 130 morts, la sécurité se veut maximale. Surveillance extérieure des files d'attentes, fouilles des sacs, inspection préalable des salles avant le spectacle, mais aussi protection du public à la sortie. Ces mesures mises en place depuis l'attentat du 13 novembre seront accompagnées d'un arrêté autorisant les contrôles d’identité aux abords des salles de spectacles. Des décisions prises à la sortie d'une réunion avec une cinquantaine de responsables de salles de spectacle.

"Le mode opératoire des terroristes (...) à chaque fois bouge et change. Hier soir à Manchester c'est à l'issue du concert, non pas pendant et avant, (...) que cet attentat kamikaze a eu lieu", a par ailleurs souligné le préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

Rappelant que "le niveau d’équipements et de protection de la plupart des patrouilles de police a été renforcé", le préfet de police de Paris a indiqué que 765 fonctionnaires et militaires étaient répartis dans la capitale dans le cadre du plan Vigipirate. "Ces patrouilles prendront en compte les salles de spectacles et les événements organisés", a détaillé Michel Delpuech. Ces forces de sécurité adapteront également leurs horaires "pour sécuriser de manière visible la sortie des salles de spectacle".

"On voit un déplacement incontestable de l'action des terroristes qui va être de plus en plus difficile à maîtriser", note Jean-Pierre Tripet, président du syndicat des entreprises de sécurité privée. "Bien sûr le périmètre de sécurité se doit d'être augmenté. A chaque fois, il faut mettre des hommes en place de façon à déterminer potentiellement les profils de gens qui pourraient être à risque."

Justine Chevalier