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Affaire Maëlys: place aux "experts" de la gendarmerie pour déterminer les causes de la mort

Les recherches des "experts" de la gendarmerie vont se poursuivre dans la cabane où Nordahl Lelandais dit avoir entreposé le corps de Maëlys.

Les recherches des "experts" de la gendarmerie vont se poursuivre dans la cabane où Nordahl Lelandais dit avoir entreposé le corps de Maëlys. - Philippe Desmazes - AFP

La quasi-totalité du corps de la petite Maëlys, morte le 27 août dernier, a été retrouvée dans la zone de recherche où Nordahl Lelandais a indiqué avoir déposé le corps après avoir tué involontairement l'enfant. Les "experts" de la gendarmerie vont devoir procéder à des analyses pour tenter de déterminer les causes de la mort de la fillette.

Moins de 24 heures après l'annonce terrible, presque prévisible, de la mort de la petite Maëlys, portée disparue depuis le 27 août, les autorités ont indiqué que les recherches ont pris fin. La quasi-totalité des restes du corps de la petite fille a été retrouvée dans la zone de recherche où Nordahl Lelandais a indiqué, mercredi, avoir déposé le corps de l'enfant après l'avoir tuée "de façon involontaire". Aux restes du corps se sont ajoutées la robe blanche et une sandale que portait l'enfant lors de la fête de mariage où elle a disparu.

L'enquête va désormais prendre un nouveau tournant après les fouilles méticuleuses rendues compliquées par les conditions météorologiques, avec de fortes chutes de neige, et par la typologie escarpée du terrain dans ce massif de la Chartreuse. Nordahl Lelandais, qui a pour le moment refuser de s'exprimer sur la manière dont il a tué Maëlys, doit être réentendu prochainement par les juges d'instruction. Dans le même temps, les enquêteurs de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), déjà en première ligne lors de la découverte d'une goutte de sang dans le véhicule du suspect provoquant ses aveux, vont poursuivre leur action.

"Ce n'est pas la fin de l'affaire", insiste sur BFMTV le général Jean-Philippe Lecouffe, chef de la police judiciaire de la gendarmerie, qui assure que "le but est de rendre le plus rapidement possible le corps aux parents".

"On cherchera toute trace"

A la fois dans leur laboratoire mais en poursuivant leur travail sur les lieux, les "experts" de la gendarmerie vont chercher à répondre à une question: comment Maëlys est morte? Les gendarmes "vont procéder à un certain nombre de constations, des constatations médico-légales, mais aussi des constations scientifiques", confirme le chef de la police judiciaire de la gendarmerie. Le service d'ontologie - l'étude des dents - a déjà confirmé qu'il s'agit bien du squelette de Maëlys.

Mercredi et jeudi, le crâne et plusieurs ossements de l'enfant ont été retrouvés dans la zone indiquée par Nordahl Lelandais. Dans le détail, ce sont d'abord des médecins légistes puis des anthropologues qui vont étudier l’ensemble des traces qui ont pu être laissées sur le corps. "Sur les os, après radiographie, après examen minutieux de chacune de ces parties, on cherchera toute trace de fracture, toute trace de luxation, toute trace de perforation qui seront des éléments déterminants dans l’origine de la mort", précise David Bouche, technicien de police scientifique.

Le délégué du syndicat SNIPAT poursuit: "Parmi ces éléments osseux, l’un d’entre eux qui peut être extrêmement intéressant c’est le petit os au niveau de la pomme d’Adam, l'os hyoïde, qui lorsqu’il est fracturé peut témoigner d’un étouffement par strangulation."

"Confirmer scientifiquement"

Avant d'abandonner le corps de la petite fille dans une zone montagneuse sur la commune d'Attignat-Oncin, Nordahl Lelandais dit avoir dans un premier temps caché la dépouille de sa victime dans une cabane près du domicile de ses parents, à Domessin, en Savoir. Ces deux endroits vont être scrupuleusement quadrillés, scrutés et analysés notamment pour essayer de trouver le lieu où a été tuée Maëlys le 27 août dernier.

"Nous avons également des experts en faune et flore, ce sont des écologues de l’étude d’un site qui vont examiner le sol, la végétation, dévoile Patrick Touron, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie. Voir si la version qu’on nous verse à l’heure actuelle est bien la dernière version. Voir si le corps a bien été déposé dans les dates proposées par M. Lellandais."

Avant de prévenir: "Il est clair qu’il nous a raconté une version, il faut qu’on la confirme scientifiquement."

Justine Chevalier