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De la disparition de Maëlys aux aveux de Nordahl Lelandais, les étapes de l'enquête

Des recherches effectuées le 14 février 2018 pour retrouver le corps de Maëlys

Des recherches effectuées le 14 février 2018 pour retrouver le corps de Maëlys - Jean-Pierre Clatot-AFP

Durant six mois, Nordahl Lelandais a nié toute responsabilité dans la disparition de Maëlys. Mis en examen une semaine après la fête de mariage lors laquelle la fillette a disparu fin août, il a avoué avoir tué l'enfant mercredi.

Nordahl Lelandais a avoué mercredi avoir "involontairement" tué Maëlys, portée disparue il y a six mois lors d'une fête de mariage en Isère. Depuis son placement en garde à vue quatre jours après la disparition de l'enfant de 9 ans, l'ancien militaire niait malgré des images de vidéosurveillance, la découverte d'une trace ADN de la fillette dans sa voiture et un emploi du temps controversé. Voici les principales étapes de l'enquête sur la disparition de Maëlys.

La disparition

Dans la nuit du 26 au 27 août, la disparition de Maëlys De Araujo est constatée vers 3 heures du matin, à la fin d'une soirée de mariage, dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Sa famille l'a cherchée durant une heure avant d'alerter les gendarmes. 

Le 28 août, le parquet de Bourgoin-Jallieu ouvre une enquête pour "enlèvement". Dès le lendemain, les enquêteurs, sans exclure un accident, privilégient la thèse criminelle. Ils estiment que Maëlys a pu monter dans une voiture, trois chiens pisteurs s'étant arrêtés au même endroit du parking de la salle des fêtes.

Gardes à vue

  • Le 31 août, un ancien militaire de 34 ans, Nordahl Lelandais, ami du marié, demeurant à Domessin, commune voisine dans le département de la Savoie, est placé en garde à vue. Invité sur le tard au mariage, il s'est absenté durant la fête et a fait des déclarations incohérentes lors de son interrogatoire comme témoin.

Cet intérimaire célibataire admet avoir eu des contacts avec l'enfant mais rejette tout soupçon. Il a nettoyé sa voiture durant des heures, le lendemain du mariage, parce qu'il devait la vendre, ce que confirme l'acquéreur pressenti, selon son avocat.

Le 1er septembre, un deuxième homme de 34 ans, ami du premier, est placé en garde à vue, mais les deux hommes sont relâchés dans la soirée.

Nordahl Lelandais mis en examen

Le 3 septembre, alors que des plongeurs de la gendarmerie sondent encore des plans d'eau, nombreux dans la région, Nordahl Lelandais est à nouveau arrêté. Une trace d'ADN de la fillette a été trouvée dans sa voiture. Il est mis en examen pour enlèvement et incarcéré.

Le suspect conteste. Il explique que Maëlys est montée dans sa voiture sur le parking, avec un petit garçon, pour voir si un chien s'y trouvait, et que tous ont ensuite regagné la salle. Son avocat, Bernard Méraud, ajoute que s'il s'est absenté durant la soirée, c'est pour aller chez lui changer son short, taché par du vin.

L'enregistrement de la caméra

Le 30 novembre, la chambre de l'instruction annule les premiers interrogatoires de Nordahl Lelandais en garde à vue car ils n'avaient pas été filmés, une obligation en matière criminelle.

Le procureur annonce qu'une caméra a enregistré l'image de Maëlys dans la voiture du suspect et l'image de la voiture sans Maëlys sur le chemin du retour, à l'heure de la disparition. Nordahl Lelandais continue de nier. Il est mis en examen pour meurtre. 

Un nouveau dossier pour le suspect

Le 18 décembre, Nordahl Lelandais est interrogé sur la disparition d'un jeune militaire, Arthur Noyer, en avril 2017 à Chambéry. Les expertises téléphoniques révèlent que les deux hommes ont voyagé ensemble au moment de la disparition. Il est mis en examen pour assassinat. Son éventuelle implication dans d'autres disparitions non élucidées est depuis étudiée. Le 24 janvier 2018, la demande de remise en liberté de Nordahl Lelandais est refusée, ce que confirme la cour d'appel le 9 février.

Nordahl Lelandais avoue

Le 14 février, le suspect est conduit à sa demande sur les lieux de la disparition de Maëlys. Les restes de la fillette sont découverts sur ses indications. Nordahl Lelandais avoue avoir tué "involontairement" l'enfant, mais refuse de s'exprimer sur les circonstances de sa mort.

C.H.A. avec AFP