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Affaire Grégory: qui est le témoin qui a mis en cause Murielle Bolle

ce témoignage est à l'origine de la mise en examen de Murielle Bolle.

ce témoignage est à l'origine de la mise en examen de Murielle Bolle. - AFP

Un cousin éloigné de la famille Laroche affirme avoir été témoin des pressions et violences subies par Murielle Bolle. Des faits qui auraient poussé l'adolescente de l'époque à se rétracter après avoir incriminer son beau-frère, Bernard Laroche, pour le meurtre de Grégory Villemin.

La défense de Murielle Bolle préfère ironiser. Pour Me Teissonnière, il s'agit du "réveil de témoins qui n'ont rien dit pendant 32 ans (...) et qui se mettent à découvrir des choses". Si le conseil de l'ex-belle-soeur de Bernard Laroche attaque un homme "qui règle ses comptes", pour les enquêteurs, son témoignage est crucial dans l'enquête sur la mort de Grégory Villemin. Il est même à l'origine de l'interpellation et de la mise en examen, jeudi, de Murielle Bolle pour "enlèvement de mineur de 15 ans suivi de mort".

Pressions et violences

Depuis le 17 juin, les gendarmes ont à leur disposition un nouvel élément: le témoignage d'un cousin éloigné de la famille Laroche. Selon lui, Murielle Bolle a été brutalisée par des membres de sa famille en 1984 juste après avoir incriminer Bernard Laroche pour le meurtre de Grégory Villemin. Avant de se rétracter. Ces dires ont ainsi apporté un éclairage nouveau sur les faits 32 ans après. "Nous avons recueilli des témoignages qui tendent à faire apparaître que Murielle Bolle a subi des pressions voir des actes de violence de la part de son entourage", a détaillé le procureur général de la Cour d'appel de Dijon.

Avait-il été entendu auparavant par les enquêteurs? Si rien ne permet de l'affirmer ou de l'infirmer, cet homme a souhaité s'exprimer à la suite de la médiatisation récente de l'affaire. "Ce témoignage intervient alors que les gendarmes ont déjà donné un coup de pied dans la fourmilière avec l’interpellation des époux Jacob, le grand-oncle et la grand-tante, des grands-parents paternels de Grégory, l'audition d'une tante du petit garçon", note Dominique Rizet, consultant police-justice de BFMTV. Jacqueline et Marcel Jacob ont d'ailleurs été mis en examen pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort" il y a deux semaines.

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- © Emeline Gaube - BFMTV

Nouveau scénario

Le récit de l'homme est "très précis", précise le procureur général. En 1984, Murielle Bolle lui aurait même confié que Grégory Villemin avait été remis à deux personnes. Ce qu'elle n'a jamais déclaré devant les gendarmes, ni devant la presse après avoir modifié sa version des faits après un week-end passé en famille. Ce nouveau témoignage permet également aux enquêteurs d'esquisser un scénario plus précis de ce tragique 16 octobre 1984. Même s'ils sont toujours présumés innocents, Murielle Bolle et Bernard Laroche aurait enlevé Grégory Villemin qui aurait été remis aux époux Jacob. 

"Il parait essentiel que la parole se libère, que les langues se délient, se félicite Me Marie-Christine Chastant-Morand, avocate de Jean-Marie et Christine Villemin. Il n'est pas possible que les gens ne savent pas. Il n'est jamais trop tard pour dire la vérité." Pour ses clients, "il est certain que beaucoup de gens savent."

Pour l'avocat de Murielle Bolle, le témoignage ne repose sur rien. "On est dans l'irrationalité la plus totale mais ça marche, c'est ça le problème", déplore Me Jean-Paul Teissonnière. "Il faut qu’on ait le temps de démonter le canevas de ragots et de mensonges qui constituent l’essentiel de l’accusation", dénonçait, avant la présentation de sa cliente à un juge d'instruction, l'avocat, qui estime que le cousin éloigné était "extrêmement ordurier vis-à-vis de certains membres de la famille".

Justine Chevalier