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Affaire Grégory: "un dossier qui ne repose sur rien" d'après les avocats des époux Jacob

Thierry Moser (gauche), avocat des parents de Grégory et Stephane Giuranna (droite), avocat de Marcel Jacob au Tribunal de grande instance de Dijon, le 20 juin 2017.

Thierry Moser (gauche), avocat des parents de Grégory et Stephane Giuranna (droite), avocat de Marcel Jacob au Tribunal de grande instance de Dijon, le 20 juin 2017. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Alors que les époux Jacob sauront ce mardi après-midi s'ils restent ou non en prison après avoir été écroués vendredi dernier pour enlèvement et séquestration suivis de mort, leurs avocats et celui du couple Villemin se sont exprimés à la sortie de l'audience.

En attendant le verdict de la cour d'appel de Dijon, qui s'est réunie à huis clos ce mardi pour statuer sur l'avenir des époux Jacob, les avocats du couple et celui des époux Villemin ont livré leurs impressions. 

"Aucun élément matériel, aucun élément scientifique, aucun témoignage"

Du côté de la défense, Stéphane Giuranna appuie sur le manque de preuves réunies contre son client Marcel Jacob.

“En ce qui le concerne vous n’avez aucun élément matériel, aucun élément scientifique, aucun témoignage, rien", s'est-il agacé. 

Interrogé sur les "incohérences" relevées par la justice, il répond: 

"Il n’y a aucune incohérence. Marcel Jacob a été entendu le 20 octobre 1984, soit moins de 72 heures après les faits. Dès ce jour là il a dit qu’il était à son poste de travail de 13 heures à 21 heures. Hors on ne trouve pas de trace à la procédure de vérification qui aurait été faite sur ce point. Ce n’est pas aujourd’hui à lui de payer ces lacunes.”

"Un dossier qui ne repose sur rien"

Sur la même ligne de défense, Gary Lagardette, avocat de Jacqueline Jacob, insiste sur le manque de précisions de l'enquête.

“J’ai demandé la remise en liberté immédiate de ma cliente Madame Jacqueline Jacob, sur un dossier qui ne repose encore une fois sur rien, rien de nouveau. Elle a effectivement dit qu’elle n’avait rien à voir dans ce dossier, et elle est particulièrement dévastée. Dévastée qu’on puisse demander une détention provisoire pour cette dame de 73 ans, (...) dévastée qu’on puisse une seconde penser qu’elle a quelque chose à voir avec l’assassinat du petit Grégory" s'est-il insurgé.

Avant de tenter de décrédibiliser l'expertise en comparaison d'écriture, qui avait reconnu sa cliente comme étant l'auteure des lettres du corbeau, en laissant entendre qu'elle aurait pu peut-être écrire celle de revendication le jour du meurtre de Grégory:

"C’est simple, on vous dit qu’elle a écrit ce courrier mais non. Ce n’est pas le cas. Il ressort clairement de l’expertise que l’expert en comparaison d’écriture ne nous dit pas avec certitude qu’elle l’a écrit, il nous dit “vraisemblablement”. C’est-à-dire qu’on est simplement sur des possibilités. Et c’est pour un courrier de 1983. Et quant au courrier de revendication de 1984, l’expert ne l’attribue pas à Madame Thuriot - nom de naissance de Jacqueline Jacob, ndlr”.

"Nous pouvons espérer une évolution très positive de ce dossier criminel"

De l'autre côté, Thierry Moser, avocat des époux Villemin, semble aborder cette journée avec confiance.

“De mon point de vue nous avons des éléments sérieux, consistants, précis, concordants. Et je persiste à dire que je pense que nous pouvons en tant que partie civile espérer une évolution très positive de ce dossier criminel”, a-t-il insisté.

La justice devrait rendre son verdict ce mardi à 16 heures.

Céline Pénicaud