BFMTV

Affaire Grégory: maintenir les époux Jacob en détention serait "totalement anormal"

Les époux Jacob sont en détention depuis vendredi après 48 heures de garde à vue.

Les époux Jacob sont en détention depuis vendredi après 48 heures de garde à vue. - Capture BFMTV

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon va statuer ce mardi sur le maintien ou non en prison des époux Jacob mis en examen vendredi dernier pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort" dans l'enquête sur la mort de Grégory Villemin en 1984.

Une décision attendue. Ce mardi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon va statuer sur le maintien ou non en détention de Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen la semaine dernière dans l'affaire du petit Grégory. "Je n'ose imaginer que M. Marcel Jacob soit placé en détention en l'état de cette affaire. Ce serait je pense totalement anormal", a estimé Me Giuranna, l'avocat du grand-oncle de la victime, précisant avoir "travaillé de concert" avec Me Gary Lagardette, qui défend l'épouse de ce dernier.

Le couple de septuagénaires a été mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Leur arrestation surprise la semaine dernière dans les Vosges avait relancé l'affaire, jamais élucidée depuis la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984. "A l'heure actuelle je ne sais toujours pas ce sur quoi se base l'accusation pour l'avoir mis en examen", assure Me Giuranna.

"Mon client a toujours indiqué que le 16 octobre 84, il travaillait l'après-midi de 13h à 21h. (...) Il ne peut donc matériellement en aucun cas avoir participé de près ou de loin à l'assassinat de Grégory Villemin."

Détention difficile

L'avocat est aussi revenu sur une altercation qui aurait eu lieu en 1982 entre Marcel Jacob, ouvrier, et Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, qui venait d'être promu contremaître, le premier disant au second: "Je ne serre pas la main à un chef. Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine". Marcel Jacob "était au moment des faits délégué du personnel, syndicaliste CGT, extrêmement pro ouvrier (...) et effectivement il avait pour habitude d'être dans l'opposition à la hiérarchie", dit l'avocat. "Ça n'est en tout état de cause pas un mobile pour assassiner un petit garçon, c'est délirant."

"Il supporte mal la détention, c'est un homme qui a 72 ans, qui n'avait jamais été détenu", mais "il est vraiment combatif et il a décidé de contester pied à pied, lettre à lettre, l'accusation qui lui est faite", a ajouté l'avocat.

J.C. avec AFP