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Affaire Grégory: Murielle Bolle a été mise en examen pour enlèvement

Murielle Bolle a été mise en examen pour enlèvement de mineur suivi de mort, vient d'annoncer son avocat. Un témoignage récent est à l'origine de cette décision de justice.

L'avocat de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonière, vient d'annoncer ce jeudi soir que sa cliente avait été mise en examen pour enlèvement de mineur de moins de quinze ans suivi de mort. Elle a été placée en détention provisoire. La notion de complicité n'a pas été retenue.

Le conseil de Murielle Bolle, au centre de l'affaire depuis l'origine de celle-ci quand elle avait assuré aux gendarmes avoir vu son beau-frère Bernard Laroche enlever Grégory avant de se rétracter quelques jours plus tard, a déploré que l'affaire ne fonctionne selon lui qu'à partir de "commentaires sur les déclarations des uns et des autres. Cette affaire fonctionne comme un ragot récurrent."

L'avocat reconnaît que la mémoire de sa cliente "fonctionne de manière un peu bizarre"

Il a poursuivi: "Il y a une frénésie d’aveux de la part de Murielle Bolle, ceux dont se serait souvenu son cousin et du document dans l’église de Lépanges-sur-Vologne, je dis ça ironiquement bien sûr." Jean-Paul Teissonière a décrit le mot laissé dans le livre paroissial de l'église comme une "sinistre plaisanterie". "Le problème, c'est que dans cette affaire, les sinistres plaisanteries ont le même poids" que les propos raisonnables, a-t-il dit. Il en a dit plus sur le témoignage, apporté le 17 juin dernier, de ce cousin: "Un membre éloigné de la famille, dont Murielle Bolle ne se souvient pas, s’est souvenu que Murielle lui aurait confié que ce qu’elle avait dit aux gendarmes était exact". 

Il a évoqué l'attitude de sa cliente, aujourd'hui âgée de 48 ans, devant la justice. "Sa mémoire fonctionne de manière un peu bizarre. On ne cesse de lui dire qu’on aimerait qu’elle en dise davantage. Il y a des lacunes mais j’ai peur qu’elle ait des problèmes de mémoire qui soient réels. Elle répond de façon mutique, elle comprend très bien les choses je la pense très intelligente mais elle est mutique. C’est une des raisons de sa mise en examen." Il a décrit l'état d'esprit de Murielle Bolle: "Elle est forte, encaisse les coups et de temps en temps une larme coule sur sa joue." Jean-Paul Teissonière a ajouté qu'une audience se tiendrait mardi prochain pour décider de la remise en liberté ou du maintien détention de Murielle Bolle. 

La justice veut expliquer le revirement de Murielle Bolle en 1984

Jean-Jacques Bosc, procureur général de la cour d'appel de Dijon, est intervenu après l'avocat de Murielle Bolle. Rappelant la rétraction de Murielle Bolle peu après son témoignage d'octobre 1984, il a prolongé: "L’instruction s’attache à expliquer les circonstances de ce revirement, intervenu le lendemain de l’inculpation de Bernard Laroche. Nous avons recueilli des témoignages qui tendent à faire apparaître que Murielle Bolle a subi des pressions, voire des actes de violence de son entourage". 

Il s'est aussi étendu sur le témoignage à l'origine de ce rebondissement. 

"C’est un témoignage très récent fait devant la gendarmerie, réitéré devant la présidente de la chambre d’instruction. Il dit avoir été témoin directement de violences sur Murielle Bolle. C’est à la suite de la médiatisation de l’affaire depuis quinze jours qu’il a été déterminé à faire ces déclarations. La gendarmerie a reçu d’autres déclarations, notamment de personnes du voisinage" sur l’existence de ces violences, a-t-il déclaré. 

Observant qu'il y aurait "d'autres auditions dans cette affaire", il a noté que Murielle Bolle ne reconnaît pas avoir fait l'objet de violences. L'avocat de cette dernière l'avait souligné au préalable . "Cela nécessite des vérifications supplémentaires", a conclu Jean-Jacques Bosc. Un communiqué produit peu après par le parquet général près la cour d'appel est notamment revenu sur l'écrit trouvée dans le registre d'intention de prières de l'église de Lépanges-sur-Vologne: "Les analyses ADN, qui ont nécessité un nouveau prélèvement de Mme Bolle afin de garantir la pertinence du résultat, n'ont pas confirmé que celle-ci avait eu en main ce cahier". 
Robin Verner