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Affaire Grégory: Murielle Bolle a entamé une grève de la faim

Murielle Bolle, considérée comme un témoin-clé dans l'enquête sur la mort de Grégory Villemin en 1984, demande à être confrontée à son cousin germain, dont le témoignage a pesé sur sa mise en examen.

Murielle Bolle, mise en examen dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Grégory Villemin et écrouée à la prison de Dijon, a entamé une grève de la faim ce jeudi, à midi, pour dénoncer ses conditions de détention, a confié son avocat à BFMTV. Cette femme de 48 ans, considérée comme un témoin-clé dans cette affaire criminelle inédite, a été mise en examen vendredi dernier pour "enlèvement de mineur de 15 ans".

Placée en détention provisoire, son maintien en prison a été confirmé par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon mardi. Les magistrats avaient estimé que la solution d'hébergement, en cas de remise en liberté, présentée par la défense n'était pas adaptée. Pour sa défense, cette motivation est "un faux nez". "Murielle Bolle, c’est le chaînon manquant qui permet de valider la théorie du parquet général, estime Me Christophe Ballorin. C’est le chaînon manquant qui relie le kidnappeur Laroche aux homicides des époux Jacob."

Et d'ajouter: "On la met sous pression, on pense que Murielle Bolle va craquer et qu’elle va parler."

Placée à l'isolement

Murielle Bolle a été placée à l'isolement à la prison de Dijon depuis quelques jours. "Elle ne peut pas sortir, elle ne peut aller en promenade, elle ne peut pas aller à la douche sans recevoir des bordées d’injures et des menaces de mort", révèle son autre conseil. Me Christophe Ballorin estime que son placement en détention la stigmatise comme "assassin du petit Grégory". "Radio prison a ainsi réduit le propos: Murielle Bolle, qui est innocente, est l'assassin du petit Grégory, déplore l'avocat. A partir de là, un assassin d'enfant c'est quelqu'un d'abominable."

La situation serait inquiétante selon sa défense. Murielle Bolle, confinée au quartier d'isolement, a été coupée de toute relation sociale. Aucun permis de communiquer ne lui a été délivré par l'administration, elle ne peut donc recevoir aucune visite. "Je crains pour sa santé mentale (...), confie Me Ballorin. Elle m'a dit qu'elle nourrissait des pensées suicidaires." Une femme abattue qui pense toutefois à continuer le combat pour défendre sa vérité.

"Elle s’est montrée extrêmement déterminée, elle s’est montrée d’autant plus déterminée que je lui ai donné connaissance des procès-verbaux d’audition du cousin qui l’accule", rapporte, sur BFMTV, Me Ballorin qui dénonce "un tissu de mensonge".

Confrontation

L'affaire a connu de nombreux rebondissements ces dernières semaines avec l'interpellation et la mise en examen, pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort", de Jacqueline et Marcel Jacob, la grand-tante et le grand-oncle de Grégory Villemin. Un cousin germain de Murielle Bolle s'était alors décidé à parler et a assuré aux gendarmes que l'adolescente de 15 ans de l'époque avait été victime de violences de la part de sa famille après avoir incriminé Bernard Laroche pour l'enlèvement de l'enfant le 16 octobre 1984.

Entendue par les gendarmes, puis la juge, à chaque fois, Murielle Bolle a dénoncé cette version. Celle qui, en novembre 1984, s'était rétractée après avoir accusé son beau-frère demande à être confrontée le plus rapidement possible avec ce cousin qualifié de "mythomane" par sa défense. "Il faut que cette confrontation intervienne le plus rapidement possible (...), conclut l'avocat. Dès cette confrontation faite, nous présenterons une demande de mise en liberté."

Maître Welzer conteste le témoignage du cousin de Murielle Bolle

Gérard Welzer, avocat de Marie-Ange Laroche, la soeur de Murielle Bolle, est intervenu ce jeudi sur notre antenne et a lui aussi attaqué le témoignage du cousin s'étant manifesté dernièrement auprès des autorités: "Il se met en scène. Depuis 32 ans, des témoins viennent et disent: 'J'ai fait ci, j'ai fait ça'. On vérifie et c'est faux".

Il a critiqué plus en détail la version de ce témoin qui dit avoir été présent au domicile des Bolle le 5 novembre 1984 alors que Murielle Bolle venait d'être relâché par les gendarmes et que Bernard Laroche était en prison, accablé par le récit de sa belle-soeur. Ce cousin dit avoir assisté à des scènes de violence prenant Murielle Bolle pour objet, apaisées par l'intervention d'un avocat de la famille. Or, selon Gérard Welzer qui assuré que Murielle Bolle n'avait "pas été maltraitée", l'avocat en question "n'était pas encore désigné et il était encore à Paris le 5 novembre, n'arrivant dans les Vosges que le 8". 

Justine Chevalier avec Mélanie Bertrand