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Affaire Grégory: ce que dit le cousin de Murielle Bolle, qui a témoigné devant les gendarmes

Jeudi soir dernier, Murielle Bolle a été mise en examen pour "enlèvement de mineur de moins de quinze ans suivi de mort" dans le cadre de l'affaire Grégory. A l'origine de ce rebondissement, on trouve la témoignage, relayé par Le Figaro ce lundi, d'un cousin de celle-ci. Ce dernier a aussi répondu au Parisien.

Jeudi dernier, la nouvelle de la mise en examen de Murielle Bolle pour "enlèvement de mineur de moins de quinze ans suivi de mort" dans le cadre de l'enquête autour de l'assassinat de Grégory Villemin, le 16 octobre 1984, tombait dans la soirée. La justice s'intéresse tout particulièrement au revirement qui l'avait amenée le 6 novembre 1984 à renier les versions qu'elle avait fournies aux gendarmes les 3 et 4 novembre précédents où elle avait affirmé avoir vu son beau-frère Bernard Laroche prendre le petit Grégory dans sa voiture avant de le déposer en route puis regagner le véhicule sans lui. Le témoignage d'un cousin de Murielle Bolle le 17 juin devant les gendarmes, et le 27 juin face à Claire Barbier, la présidente de la cour d'appel de Dijon, est à l'origine de son interpellation jeudi dernier. 

"Elle s'est fait massacrer"

Des éléments de ce témoignage ont été publiés par Le Figaro sur son site internet ce lundi. Cet homme aujourd'hui âgé de 54 ans dit avoir été présent au domicile des parents de celle qui était alors une adolescente de 15 ans (elle est aujourd'hui âgée de 48 ans), à Laveline-devant-Bruyère, le 5 novembre 1984. A cette date, la jeune fille sort à peine de ses entretiens avec les gendarmes. L'ambiance est plus qu'orageuse et Murielle Bolle est molestée par sa famille pour avoir accablé son beau-frère, Bernard Laroche. Murielle Bolle est insultée par sa propre mère, Jeaninne, et elle est frappée à de multiples reprises. Selon celui qui se dit témoin de cette soirée, trois personnes se distinguent par leur violence à l'égard de Murielle Bolle: sa mère, son père, Lucien, et sa soeur et épouse de Bernard Laroche, Marie-Ange Laroche. Le témoin n'hésite pas à parler de "lynchage" au cours de son audition face aux gendarmes. 

D'après le cousin de Murielle Bolle, celle-ci se "fait massacrer" à l'étage par Lucien, Jeaninne et Marie-Ange. "On l'entendait hurler, j'ai été choqué de voir Marie-Ange avec une poignée de cheveux de Murielle dans la main", ajoute-t-il. L'un des avocats de la famille serait alors monter pour calmer son monde et expliquer à l'adolescente comment se rétracter. Au repas, l'atmosphère est toujours aussi peu favorable à la jeune fille, cependant. Insultée par son père, on l'envoie manger dehors. Le témoin présumé affirme qu'il est alors missionné pour lui apporter à manger. Selon ses dires, c'est à ce moment-là que Murielle Bolle lui confirme qu'elle a bien vu Bernard Laroche enlever Grégory qui se trouvait "sur un tas de sable". Dans l'esprit de ce cousin, Murielle Bolle déclare ensuite qu'après avoir parcouru une certaine distance en voiture, Bernard Laroche "est sorti de la voiture et il a remis le gamin à deux personnes, alors qu'il faisait presque nuit".

Le Figaro note que dans ses dépositions de l'époque à la gendarmerie, Murielle Bolle n'avait pas mentionné ce détail et que le témoignage de ce cousin est consécutif à l'interpellation, le 14 juin, de Marcel et Jacqueline Jacob. Le journal, enfin, écrit que Murielle Bolle a nié devant la justice la présence de son cousin lors de cette soirée fatidique. 

"Mon intime conviction, c'est que Bernard Laroche n'a pas pu tuer le petit"

Dans un entretien qu'il a accordé au Parisien, et que le titre diffuse sur son site internet ce lundi soir, le cousin de Murielle Bolle, qui se décrit comme "gravement malade, invalide à 80 %", tient à préciser que son récit ne lui a "pas été extorqué" et qu'il a lui-même contacté les gendarmes. Il explique sa présence au domicile des parents Bolle le 5 novembre 1984 par le fait qu'après l'arrestation de Bernard Laroche, les siens avaient fait le déplacement dans les Vosges. "Il y a eu un élément déclencheur, c’est l’interpellation des époux Jacob, le 14 juin. Voilà le déclic. Tout s’est remis en place dans ma tête. Je me suis dit, Murielle ne peut plus mentir", avance-t-il au Parisien. Sur le fond, l'homme reste sur sa réserve, assurant ne "pas vouloir en dire plus" afin de "protéger l'enquête". En revanche, il livre son sentiment sur le déroulement de l'assassinat: "Si vous me demandez si Bernard Laroche a pu tuer le petit, je vous dis non, c’est mon intime conviction." Il se prépare par ailleurs à l'idée d'une confrontation possible avec sa cousine. 

Un autre rendez-vous judiciaire a été fixé auparavant à Murielle Bolle. Ce mardi, une audition doit décider de son maintien ou non en détention. 

Robin Verner