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Affaire Grégory: l'avocat de Murielle Bolle craint qu'elle soit en danger en prison

La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon a décidé ce mardi de maintenir en détention Murielle Bolle, témoin-clé dans l'affaire Grégory Villemin. Si cette situation devait durer, son avocat estime qu'elle serait "en danger".

"On met la pression parce qu'on se dit 'ils vont craquer'." L'avocat de Marie-Ange Laroche ne décolère pas après la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon de maintenir en détention sa soeur, Murielle Bolle. Au terme d'une audience de plusieurs heures, la présidente de la juridiction a estimé que la solution d'hébergement proposée par la défense, en cas de remise en liberté et placement sous contrôle judiciaire, était inadéquate. La défense avait proposé un hébergement chez un proche en Alsace.

En réaction, l'avocat de Murielle Bolle a assuré qu'une nouvelle demande de remise en liberté allait être rapidement déposée. En cause, notamment: les conditions difficiles de la détention de celle qui est suspectée, 32 ans après les faits, d'avoir participé à l'enlèvement de Grégory Villemin le 16 octobre 1984. "Le personnel pénitentiaire de la maison d’arrêt de Dijon se comporte de manière remarquable, a estimé Me Jean-Paul Teissonnière. L’entourage et les gens qui sont détenus avec elle ne se comportent pas de la même manière."

Deux co-détenues condamnées pour meurtre d'enfant

Mise en examen le 29 juin dernier pour "enlèvement de mineur de 15 ans suivi de mort", Murielle Bolle est incarcérée depuis à la maison d'arrêt de Dijon dans le quartier pour femmes qui peut accueillir 33 prisonnières. Elle a été incarcérée avec deux co-détenues condamnées pour le meurtre d'enfant, qui seraient "agressives" envers elle. Celle qui avait incriminée en 1984 Bernard Laroche pour le meurtre de Grégory Villemin, avant de se rétracter, aurait eu, selon son avocat, un accueil glacial, à base de quolibets, voir de violences, au centre pénitentiaire. 

"On sait que dans ce type d'affaire, et l’assassinat de Grégory est un crime atroce, la réaction des détenus est une réaction sauvage et extrêmement dangereuse pour ceux qui sont respectés", souffle l'avocat de celle qui est toujours présumée innocente.

Dans ce contexte "compliqué", Jean-Paul Teissonnière juge "qu’il faut que Murielle Bolle sorte le plus vite possible". "Si la détention devait durer plus longtemps, je pense que Murielle serait en danger", poursuit l'avocat qui cherche des solutions d'hébergement qui pourrait convaincre les magistrats de remettre en liberté sa cliente. "Il m’a semblé voir la volonté de rassurer sur les intentions de la cour et l’explication donnée, c’est le caractère inadéquat de la solution d’hébergement", a conclu le conseil.

Justine Chevalier