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Affaire Grégory: Murielle Bolle maintenue en détention

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a estimé que la défense de Murielle Bolle n'avait pas avancé suffisamment de garanties pour éviter les pressions ou les concertations.

Murielle Bolle, mise en examen pour "enlèvement", va rester en détention. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a décidé de maintenir en prison ce témoin-clé dans l'affaire de Grégory Villemin. Son avocat avait plaidé la remise en liberté et un placement sous contrôle judiciaire. Une mesure rejetée par les magistrats qui ont suivi les réquisitions du procureur général.

"On nous dit qu’il est prévu dans les semaines qui viennent des auditions, des confrontations peut-être, avec des membres de la famille, détaille Me Jean-Paul Teissonnière, le conseil de Murielle Bolle. Donc l’idée de proposer un hébergement dans la famille était manifestement une idée qui ne plaisait pas à la chambre de l’instruction. On prend acte de cette situation et on va essayer de trouver la solution adéquate le plus vite possible." 

Le témoignage d'un cousin

Murielle Bolle a été mise en examen le 29 juin dernier pour "enlèvement de mineur de moins de 15 ans suivi de mort". 32 ans après les enquêteurs l'a soupçonne d'avoir participé au rapt de Grégory Villemin, le 16 octobre 1984, dont le corps avait été découvert, pieds et mains liés, dans la Vologne. A l'époque, Murielle Bolle avait incriminé Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant. Après avoir livré cette version des faits plusieurs fois devant les enquêteurs et les juges, elle s'était rétractée.

Aujourd'hui, les gendarmes disposent du témoignage d'un cousin de Murielle Bolle. Ce dernier s'est décidé à parler après les rebondissements de ces dernières semaines dans l'affaire Grégory. Le 17 juin dernier, il a expliqué aux enquêteurs avoir assisté, en novembre 1984, à une scène de violences. Quand Murielle Bolle a été libérée de son audition, plusieurs personnes de sa famille s'en seraient prises à elle physiquement. Le lendemain, l'adolescente de l'époque avait expliqué devant la presse avoir menti et assuré ne pas avoir été avec Bernard Laroche le soir du meurtre.

Nouvelle demande de libération

C'est ce témoignage qui avait poussé les gendarmes a procédé à l'interpellation de Murielle Bolle la semaine dernière et de sa mise en examen. Pour une raison pratique, semble-t-il, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon a donc estimé, ce mardi, que cette femme de 48 ans devait être éloignée des Vosges et de son village d'Aumontzey où elle est installée avec sa famille pour éviter les pressions ou les concertations.

"Vous croyez qu’en 32 ans ils n’ont pas eu le temps de se concerter, a ironisé, sur BFMTV, Me Gérard Welzer, l'avocat de Marie-Ange Laroche, la soeur de Murielle Bolle. Ma cliente est consternée."

Le 20 juin dernier, Jacqueline et Marcel Jacob, la grand-tante et le grand-oncle de Grégory Villemin avaient été libérés et placés sous contrôle judiciaire après avoir été mis en examen pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort". Après avoir passé quatre jours en détention, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon les avaient remis en liberté après avoir trouvé eux logements séparés de 700 kilomètres et loin des Vosges. L'avocat de Murielle Bolle va déposer prochainement une nouvelle demande de libération.

"On a commencé d’essayer de voir de quels côtés on pourrait creuser pour tenter de trouver une solution d’hébergement, a détaillé Me Jean-Paul Teissonnière. On a quelques pistes en tête, on va y travailler dans les jours qui viennent."

Justine Chevalier