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Affaire Grégory: le point sur les nouveaux éléments de l'enquête

Le procureur général auprès de la cour d'appel de Dijon a détaillé de nouveaux éléments lors d'une conférence de presse sur l'affaire Grégory Villemin ce jeudi. Le crime aurait été commis par plusieurs personnes, et deux membres de la famille proche ont écrit des lettres anonymes.

"Je ne suis pas venu vous dire que l'affaire était résolue. Je ne sais pas qui est l'auteur du crime", a déclaré ce jeudi le procureur général auprès de la cour d'appel de Dijon, à propos de l'Affaire Grégory. Près de 33 ans après la mort du petit Grégory Villemin, assassiné à 4 ans et retrouvé dans un cours d'eau des Vosges, la Vologne, cette affaire qui reste l'une des plus mystérieuses des dernières décennies a connu un nouveau rebondissement mercredi.

Alors que les investigations étaient toujours en cours depuis la réouverture du dossier en 2008, l'affaire a été relancée publiquement par l'interpellation et la mise en garde à vue de trois membres de la famille Villemin: Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grande-tante de l'enfant, ainsi que Ginette Lecomte, belle-soeur de Jean-Marie Villemin, qui a été remise en liberté ce jeudi. Deux autres personnes ont également été entendues, trop âgées pour être placées en garde à vue: Monique et Albert Villemin, les grands-parents de l'enfant. Deux gardes à vue se poursuivent jusqu'à vendredi matin. 

Lors de sa déclaration ce jeudi, malgré un aveu d'impuissance, puisque le meurtrier court toujours, le procureur a présenté plusieurs éléments nouveaux dans l'enquête.

Plusieurs personnes sont impliquées

Si l'auteur du crime reste inconnu, le procureur a tout d'abord annoncé que les investigations avaient permis d'indiquer que plusieurs personnes étaient impliquées. 

"A ce stade, les investigations corroborées par l’analyse criminelle de la gendarmerie montrent que plusieurs personnes ont concouru à réalisation du crime", a-t-il déclaré.

Par le passé, plusieurs personnes ont été successivement suspectées d'avoir commis le crime, mais à chaque fois individuellement. Bernard Laroche, le cousin de Jean-Marie Villemin, père du petit Grégory, a d'abord été inculpé avant d'être remis en liberté. Il a ensuite été assassiné par Jean-Marie Villemin. La mère de l'enfant, Christine Villemin, a ensuite été soupçonnée à son tour et incarcérée plusieurs jours, avant un non-lieu en 1993. 

Jacqueline Jacob est soupçonnée d'être l'un des corbeaux

Autre nouveauté, permise par de nouvelles analyses en écriture, Jacqueline Jacob, la grande-tante de l'enfant, est désignée comme le possible auteur de plusieurs lettres de menaces envoyées en 1982 et 1983 à la famille Villemin: aux grands-parents, mais aussi au père de Grégory.

Une de ces lettres, manuscrite, a en particulier été analysée. Elle a été comparée à la lettre de revendication du meurtre, reçue le lendemain de la mort de l'enfant et envoyée au moment précis de sa disparition, depuis le village familial. Plusieurs éléments de similitude ont été notés, sans qu'on sache avec certitude qui a écrit la lettre de 1984, qui évoque la mort de l'enfant.

  • "La présidente de la chambre de l’instruction a ordonné une nouvelle expertise de la lettre manuscrite de 1983: les conclusions de cette expertise sont confondantes à l’encontre de Jacqueline Jacob", a expliqué le procureur général. 

Monique Villemin est soupçonnée elle aussi

La grand-mère du petit garçon est soupçonnée quant à elle d'avoir rédigé une lettre de menace adressée à l'un des juges en charge de l'enquête en 1989: le juge Simon. 

"La présidente a ordonné l’analyse de la lettre adressée au juge Simon. Cette expertise, avec les mêmes réserves de prudence que j’ai émises tout à l’heure, implique comme pouvant être son auteur Monique Jacob épouse Villemin, la grand-mère, ce qui a justifié son audition hier par la gendarmerie", a déclaré le procureur. 

"Cette lettre de 1989 met en cause les parents de l’enfant comme étant auteurs du crime. Ce courrier avait pour objet d’influer sur le cour de l’enquête, qui s’orientait vers la thèse de l’innocence de Christine Villemin", a-t-il expliqué.

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- © Emeline Gaube / BFMTV.com
Charlie Vandekerkhove