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Affaire Grégory: le cousin "espère faire bouger le témoignage" de Murielle Bolle

A partir de 14 heures ce vendredi, une confrontation va avoir lieu entre Murielle Bolle et l'un de ses cousins qui assure que cette dernière a été victime de violences il y a 33 ans après avoir incriminé son beau-frère, Bernard Laroche.

Le moment est attendu des deux côtés. Murielle Bolle va être confrontée, ce vendredi, dans le bureau de la présidente de la Chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, à son cousin germain qui a exposé devant les enquêteurs les violences dont aurait été victime, il y a 33 ans, l'adolescente de l'époque pour faire changer sa version initiale mettant en cause Bernard Laroche dans l'assassinat de Grégory Villemin.

Lors de cette confrontation, qui doit durer plusieurs heures, les paroles s'opposeront. D'un côté, celle de Murielle Bolle. Après avoir incriminé son beau-frère au lendemain du meurtre du petit garçon le 16 octobre 1984, cette femme, aujourd'hui âgée de 48 ans, ne cesse de répéter la même version. Ce jour-là, elle est montée dans un bus scolaire et n'a croisé la route ni de Bernard Laroche, ni de Grégory Villemin. De l'autre, celle de ce cousin, qui s'est tu pendant 32 ans.

"Il appréhende cet exercice car il n’est pas habitué à une confrontation dans le cadre d’une instruction aussi délicate que celle-ci, confie Me Jean-Christophe Tymoczko, son avocat. Mais il est serein. Il est serein parce qu’il sait très bien que ce qu’il a dit est vrai et il espère pouvoir faire bouger le témoignage et les déclarations de Murielle Bolle."

"Un témoignage sans filtre"

Le soir où Murielle Bolle est rentrée chez elle, en novembre 1984, après avoir livré un témoignage mettant en cause son beau-frère, son cousin était présent, selon ses dires. L'adolescente aurait été violentée par ses parents, mais aussi par sa soeur, la femme de Bernard Laroche. Murielle Bolle, mise en examen pour "enlèvement suivi de mort", nie tout en bloc: personne n'a fait pression sur elle pour qu'elle revienne sur ses accusations. Elle ne se rappelle pas non plus de la présence de son cousin ce soir-là. Elle n'a d'ailleurs aucun souvenir de ce cousin précisément.

Des déclarations à l'exacte opposée de celles de l'homme en question qui 32 ans plus tard veut "soulager sa conscience". "Il livre un témoignage de manière abrupte, sans filtre, poursuit l'avocat. Et il peut, peut-être, la toucher sur certains points qui faisaient qu’elle se serait confiée à lui et qui faisait que surtout il n’y avait pas une si grande différence d’âge entre elle et lui." Si cette confrontation ne devrait pas déboucher sur un coups de théâtre, elle sera l'occasion pour le cousin de Murielle Bolle de lui passer un message.

"Il veut lui dire qu’il ne voulait évidemment pas qu’elle aille en détention, qu’il n’a jamais accusé Murielle d’avoir commis quoi que ce soit", conclut Me Tymoczko.
Justine Chevalier