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Affaire Grégory: le cousin de Murielle Bolle porte plainte après la sortie du livre Briser le silence 

Le livre de Murielle Bolle est paru le 7 novembre 2018.

Le livre de Murielle Bolle est paru le 7 novembre 2018. - Jean-Christophe Verhaegen - AFP

INFO BFMTV - L'avocat du cousin de Murielle Bolle a porté plainte au nom de son client pour diffamation après la parution du livre Briser le silence. Il estime que ce dernier est "montré du doigt" et que certains chapitres "portent atteinte" à l'honneur de Patrick Faivre.

"Le problème du récit de Patrick Faivre, c'est qu'il mêle des vérités et des purs mensonges." La citation est issue du livre Briser le silence rédigé par Murielle Bolle. Les "purs mensonges" qu'elle dénonce sont ceux qu'elle attribue à son cousin, qui a rapporté à la justice la scène de violences à laquelle il dit avoir assisté le 5 novembre 1984 quand la famille de l'adolescente de l'époque l'avait violentée pour qu'elle change son témoignage mettant en cause son beau-frère, Bernard Laroche. Dans son récit, elle parle encore d'un récit "flou" à base de "mélange d'informations" et de "pur mensonge".

Pour ces propos restitués dans ce livre paru le 8 novembre dernier, Patrick Faivre a porté plainte ce jeudi auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Metz pour "diffamation", ce qui va engendrer automatiquement une mise en examen. La plainte, qui concerne Murielle Bolle, mais aussi la co-auteure de l'ouvrage, Pauline Guéna et l'éditeur Michel Lafon, vise le chapitre 27 Le témoignage de Patrick Faivre et le chapitre 30 La confrontation. Joint par BFMTV, le parquet de Metz n'a pas répondu à nos sollicitations.

"Quand vous êtes accusé de faux témoignage dans un livre largement publié dans la région, et parce qu'il a été cité nommément, il apparaissait normal de réagir", estime Me Thomas Hellenbrand, l'avocat du cousin, qui rappelle qu'"un chapitre est consacré à son client" dont le nom n'était pas public avant la publication de ce livre.

"Lynchage" Vs "pur mensonge"

"Notre audition vient de commencer et voici déjà deux mensonges et une erreur", "le problème du récit de Patrick Faivre, c'est qu'il mêle des vérités et de purs mensonges", "c'est un pur mensonge, je n'ai jamais été privée de dîner"... Autant de passages qui, selon l'avocat, "portent atteinte à l'honneur et à la profession" de l'homme aujourd'hui âgé de 54 ans, qui avait témoigné devant la justice des violences familiales qu'aurait subi Murielle Bolle en 1984. La diffamation sur un témoin constitue d'ailleurs une infraction aggravée.

Le 17 juin 2017 devant les gendarmes, puis le 27 juin face à la présidente de la cour d'appel de Dijon, Patrick Faivre a raconté, pour la première fois en 33 ans, avoir assisté au "lynchage" de sa jeune cousine, alors âgée de 15 ans, à la sortie de sa garde à vue au cours de laquelle elle avait mis en cause Bernard Laroche dans l'enlèvement de Grégory Villemin. Insultée, frappée à plusieurs reprises, des touffes de cheveux arrachées, "massacrée", selon ce témoignage, l'adolescente se serait confiée à lui, lui assurant que son beau-frère avait enlevé le petit garçon. 

"On ne s'épanche pas dans un livre"

Murielle Bolle a vivement démenti le récit avancé par son cousin, dont elle assure n'avoir aucun souvenir. "Du fait de notre différence d'âge, je n'ai aucun souvenir d'avoir passé des vacances avec lui", écrit-elle dans son livre au sujet de la confrontation organisée entre eux en juillet 2017. "Chacun des protagonistes" était resté "sur ses positions", avait indiqué le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc. Lors de ce rendez-vous judiciaire, la défense de Murielle Bolle avait attaqué Patrick Faivre, le mettant en cause dans la mise en examen de sa cliente en juin 2017

"Il est montré du doigt comme étant à l'origine de l'incarcération de Murielle Bolle, dans un dossier avec des passionnés et des clans, déplore Me Hellenbrand. On parle de lui comme d'un menteur. On ne s'épanche pas par voie romanesque, ce n'est pas une solution de discréditer un témoin dans un livre, on porte plainte pour faux témoignage."
Justine Chevalier et Jérémie Paire