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Affaire Benalla: où en est l'enquête?

Trois jours après les révélations du journal Le Monde, Alexandre Benalla et Vincent Crase ont vu leurs gardes à vue être prolongées.

Trois jours après l’identification d'un proche collaborateur d’Emmanuel Macron filmé en train de malmener un manifestant lors des rassemblements du 1er mai, l'enquête se poursuit.

Les gardes à vue de Benalla et Crase prolongées

Samedi matin, les gardes à vue d'Alexandre Benalla et Vincent Crase, les deux hommes présents sur la vidéo, ont toutes deux été prolongées de 24 heures. Le premier a été placé en garde à vue pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique" et "complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection.

Quant à Vincent Crase, ancien réserviste de gendarmerie déjà écarté par l'Elysée, il a été placé en garde à vue pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions".

Le domicile d'Alexandre Benalla perquisitionné

Trois policiers en garde à vue 

Trois policiers soupçonnés d'avoir transmis des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla ont également été placés en garde à vue samedi matin pour "détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "violation du secret professionnel". Ils appartiennent à la puissante Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), de la préfecture de police de Paris.

L'un d'entre eux était chef d'état-major adjoint et avait été un temps pressenti pour la direction de la sécurité du Paris Saint-Germain, mais son départ avait été retoqué par la commission de déontologie. Un second était un commissaire présent au moment des faits et chargé de faire la liaison entre la préfecture de police et les forces mobiles. Quant au troisième, il s'agissait du commandant en charge des relations entre la préfecture de police et l'Elysée, ont rapporté des sources proches du dossier. Ils ont été suspendus à titre conservatoire dès jeudi soir et le ministre de l'Intérieur a "condamné lourdement" leurs agissements.

Gérard Collomb auditionné lundi par l'Assemblée

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, que l'opposition accuse d'avoir menti, sera auditionné lundi à 10 heures par la commission des Lois de l'Assemblée nationale dotée des pouvoirs d'enquête. Le préfet de police de Paris Michel Delpuech sera aussi entendu lundi à 14 heures. 

En parallèle, l'opposition maintient une haute pression sur l'exécutif, droite et extrême droite demandant qu'Emmanuel Macron lui-même s'explique. Le chef de l'Etat est resté muet depuis le début de cette affaire, de plus en plus embarrassante pour l'Elysée.

Jeanne Bulant