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Hapsatou Sy: "Ma volonté absolue, c'est de déposer plainte"

Hapsatou Sy dans "Touche pas à mon poste!", le 20 septembre 2018

Hapsatou Sy dans "Touche pas à mon poste!", le 20 septembre 2018 - Capture d'écran C8

La chroniqueuse des Terriens du dimanche, après son échange retentissant avec Éric Zemmour, est revenue sur ses relations avec C8 dans Touche pas à mon poste!.

Reviendra-t-elle dans Les Terriens du dimanche sur C8? Portera-t-elle plainte contre Éric Zemmour? Ce jeudi dans Touche pas à mon poste!, Hapsatou Sy a répondu à toutes les questions laissées en suspens depuis son échange polémique avec Éric Zemmour dans l'émission de Thierry Ardisson, le 16 septembre. Attaquée sur son prénom, "une insulte à la France" selon le polémiste dans une séquence coupée, elle indique souhaiter donner une suite judiciaire:

"Je suis avec mon avocate depuis jeudi. Éric Zemmour s’en tire toujours, donc il faut faire très attention. On est en train d’analyser la chose et oui, ma volonté absolue c’est de déposer plainte. Ma volonté c’est aussi qu’Éric Zemmour ne puisse plus insulter les enfants de la République comme ça, librement, sur des chaines de télévision."

Elle demande, en outre, "des excuses à Éric Zemmour", qu'"il s’excuse aussi auprès de tous les jeunes de la République qu’il a offusqués", et "que les chai^înes agissent et ne le laissent pas impunément faire ce qu’il veut sur un plateau."

Un nouveau rendez-vous avec la direction de C8

Quant à son potentiel départ des Terriens du dimanche, qu'elle avait évoqué sur Twitter, elle n'a pas encore pris sa décision: "Pour moi c’est un respect que je dois à la chaîne que de finir de discuter avec eux avant de prendre ma décision (...) J’ai de nouveau rendez-vous en début de semaine avec la direction de C8. Thierry Ardisson, quand il veut."

Car le torchon brûle entre l'animateur et sa chroniqueuse. Si elle précise qu'elle est "soutenue par la chaîne" qui l'a "assurée de leur soutien inconditionnel" et lui ont annoncé qu'elle resterait "de toute façon sur l'antenne, quoi qu'il arrive", elle ne "comprend pas" le silence de l'homme en noir, qui l'accuse de vouloir créer le 'bad buzz'. "Je n'ai pas eu Thierry Ardisson", affirme-t-elle. 

"J’ai été très très affectée parce que Thierry, qui a été bienveillant avec moi par le passé, pour moi se désolidarisait a un moment où j’avais besoin qu’il soit solidaire."

"Ce que j'ai subi en plateau n'était pas légal"

Celle qui a raconté l'altercation sur Twitter, et diffusé des extraits coupés sur Instagram, décrit un enregistrement d'émission infernal: "C’est la première fois de ma vie qu’en plateau j’ai le public qui hurle derrière moi, qu’il y a des gens qui pleurent dans le public et que le public me prend dans ses bras en me disant 'Ce que tu viens de vivre est trop violent, on veut juste partager avec toi".

Elle rappelle que C8 a décidé de couper certains passages "selon les instructions du service juridique de C8", comme l'annonçait un communiqué: "Même la direction de la chaîne, en voyant les images, a été tellement choquée, et ils me l’ont dit, qu’ils n’ont pas pu diffuser parce que ça contrevenait à la loi. Ça veut dire que ce que j’ai subi en plateau n’était pas légal, n’était pas acceptable." "J'ai passé l'émission à pleurer", conclut-elle. 

"Zemmour jubile"

Elle rappelle cependant que "(son) combat n'est pas avec Thierry Ardisson ou Stéphane Simon", le producteur de l'émission. Et de répondre à Éric Zemmour avec des arguments historiques, comme il l'avait fait pour attaquer son prénom:

"Ce que je veux dire c’est rappeler à Éric Zemmour qu’il y a eu des tirailleurs sénégalais qui sont morts pour la France (…) qui portent des prénoms qui sont Moussa, Ousmane, etc. et s’il ose dire à ces gens-là dans les yeux que leur prénom est une insulte à la France, je en comprends plus (...) Cette séquence me fait sortir de mes gonds parce que c’est une atteinte a mon identité, c’est une atteinte à mes parents."

"Il manipule cette haine, cette violence, pour créer du buzz autour de son livre", analyse-t-elle. "Zemmour jubile à l’instant présent. On continue de parler de lui. Je continuerai à parler tant qu’il parle. Donc soit on le fait taire, soit je continue à parler."

Benjamin Pierret