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Valérie Pécresse se réjouit de l'ouverture des négociations pour un "règlement global" des pertes d'Île-de-France Mobilités

La présidente de la région, qui rencontrait ce mardi Barbara Pompili et Jean-Baptiste Djebbari, espère davantage d'aides de l'Etat pour combler les pertes de recettes subies par les transports de la région.

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a estimé que les négociations étaient "enfin ouvertes" avec le gouvernement au sujet du renflouement des transports en communs franciliens touchés par la crise sanitaire, après avoir été reçue ce mardi au ministère de la Transition écologique.

"Aujourd'hui, la porte est ouverte, la main du gouvernement est enfin tendue et donc nous allons la saisir", a déclaré Valérie Pécresse à l'issue d'une rencontre avec la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

"Pour la première fois, je vois la lueur au bout du tunnel, a-t-elle ajouté. Les négociations sont enfin ouvertes entre le gouvernement et Île-de-France Mobilités pour un règlement global des pertes de recettes des transports franciliens".

Valérie Pécresse se réjouit que le Premier ministre Jean Castex se soit "saisi du sujet" et salue ainsi "un premier geste très significatif de la part du nouveau gouvernement". La présidente de la région Île-de-France précise qu'une nouvelle rencontre sera programmée "dès la semaine prochaine" et espère une résolution de ce dossier d'ici la fin de l'été.

Un bras de fer

Un bras de fer oppose depuis plusieurs semaines Valérie Pécresse, également présidente de l'autorité organisatrice des transports franciliens (Île-de-France Mobilités) au gouvernement au sujet des pertes de recettes causées par la crise du coronavirus.

Valérie Pécresse évalue à 2,6 milliards d'euros le trou creusé par la pandémie de covid-19 dans le budget des transports en commun de la région et réclame l'aide de l'Etat - lequel contestait jusqu'ici ce chiffre.

La première réponse apportée pour l'instant est arrivée par un amendement glissé à l'Assemblée nationale qui propose 425 millions d'euros pour Île-de-France Mobilités. Un montant jugé très insuffisant par la présidente de région qui réclame un plan d'aide massif. Les sénateurs, qui ont commencé à débattre des contours de la loi de finance rectificative, sont prêts à porter le budget à 920 millions d'euros.

"Nous frisons la catastrophe écologique et économique"

Faute d'être entendue, Île-de-France Mobilités (IDFM) a décidé le 8 juillet dernier de ne plus payer la RATP et la SNCF qui font circuler trains, métros, trams et bus dans la région jusqu'à ce que l'État compense les pertes de recettes.

Le Parisien a révélé mardi que la SNCF avait listé dans un document plus de 80 projets qu'elle a décidé de suspendre, en attendant d'obtenir davantage de garanties sur leur financement par Île-de-France Mobilités.

"Nous frisons la catastrophe écologique et économique puisque la SNCF a cette semaine annoncé qu'elle voulait arrêter, faute de moyens, 80 projets structurants en Île-de-France, et par ailleurs, l'arrêt de ces projets aura un impact sur tous les fournisseurs de matériels roulants, partout en France", a averti Valérie Pécresse.

Elle a indiqué avoir demandé à Barbara Pompili "qu'en contrepartie de l'ouverture de ces négociations l'Etat actionnaire empêche la SNCF d'arrêter ses investissements".

Barthélémy Bolo et Florian Bouhot avec AFP