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Transports: faute d'aide de l'Etat, Valérie Pécresse annonce cesser de payer provisoirement la RATP et la SNCF

Valérie Pécresse se "refuse à imposer un impôt Covid-19 sur les Franciliens"

Valérie Pécresse se "refuse à imposer un impôt Covid-19 sur les Franciliens" - Charles Platiau / Pool / AFP

IDF-Mobilités, en charge des transports d'Ile-de-France, a décidé de suspendre le paiement à la RATP et à la SNCF. En cause, les pertes engendrées par la crise sanitaire.

Valérie Pécresse a mis sa menace à exécution. La présidente de la région Ile-de-France, également à la tête d'IDF-Mobilités a annoncé que l'organisme en charge des transports franciliens cessait provisoirement de payer la RATP et la SNCF. Le conseil d'administration d'Ile-de-France Mobilités a voté à l'unanimité mercredi l'arrêt provisoire des paiements pour juillet, et jusqu'à ce que l'Etat compense les pertes de recettes dues à la crise du coronavirus.

Dans l'immédiat, "les opérateurs vont utiliser leur trésorerie" pour assurer la circulation des transports publics, a assuré Valérie Pécresse, prévenant que les projets d'investissement seront affectés si la situation ne se débloque pas.

La présidente de la région réclame depuis plusieurs semaines des aides de l'Etat alors qu'IDF-Mobilités accuse des pertes chiffrées à 2,6 milliards d'euros, à cause de la crise sanitaire. L'Etat a annoncé une compensation de 425 millions d'euros, jugée insuffisante par Valérie Pécresse. Celle-ci explique notamment avoir payé les opérateurs en totalité pendant la période de confinement, alors même que les transports tournaient au ralenti.

En l'absence d'aides supplémentaires, plusieurs options sont sur la table et notamment une augmentation de 20 euros par mois du pass Navigo. Un choix exclu pour l'heure par Valérie Pécresse.

"Il est hors de question que les Franciliens soient les seuls voyageurs qui payent le Covid", abondait ce mercredi matin sur BFM Paris Stéphane Beaudet, vice-président de la région en charge des transports.

L'absence de paiement à la RATP et à la SNCF pourrait aussi mener à la réduction de l'offre de transports.

La semaine dernière, le secrétaire d'Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari assurait que Valérie Pécresse avait "les moyens de payer".

La présidente de la région met de son côté en avant les investissements en cours et à venir, nécessaires pour le réseau francilien. "Nous devons mettre 15 milliards d'euros pour les transports propres, vous me demandez de renoncer à commander quoi?", s'agaçait-elle sur BFM Paris citant les nouveaux trains de la ligne 13 du métro qui doivent être commandés cet été ou les nouveaux RER prévus pour les lignes B et D qui transportent "1,4 millions de personnes par jour".

Carole Blanchard avec AFP