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Faute de financement, la SNCF gèle plus de 80 projets en Île-de-France

Image d'illustration du RER B.

Image d'illustration du RER B. - AFP

Privée de paiement par Île-de-France Mobilités, qui réclame des aides à l'Etat pour surmonter la crise, la société de transports a décidé de suspendre sa rénovation du parc ferroviaire.

Le statu quo entre le gouvernement et Île-de-France Mobilités paralyse les projets de la SNCF. En l'attente d'une aide substantielle de l'État pour faire face aux 2,6 milliards d'euros de pertes engendrées par la crise, Valérie Pécresse a gelé les financements qui devaient être attribués à la RATP et la SNCF. Conséquence: la SNCF a décidé de suspendre plus de 80 projets de rénovation et d'amélioration de son parc ferroviaire en Île-de-France, a appris BFM Paris, confirmant une information du Parisien.

Premier projet à l'arrêt: la mise en circulation de trains longs sur la ligne B du RER les soirs de week-end et de jours fériés, initialement prévue pour septembre 2020. Eux aussi devaient être mis en circulation en septembre 2020: les trains Regio 2N de la ligne N ou R devraient voir leur arrivée repoussée.

Île-de-France Mobilités s'inquiète des retards

Concernant le RER C, qui devait bénéficier de trois trains supplémentaires aux heures de pointe le matin sur le tronçon Brétigny-Austerlitz, le projet est également à l'arrêt. Les nouveaux RER NG, voués à circuler sur la ligne D du RER à partir de 2021, sont eux aussi en attente.

La SNCF "ne peut engager de dépenses pour de nouveaux services alors même que les services existants ne lui sont plus payés, explique l'entreprise ce vendredi. Ces nouveaux services doivent par ailleurs faire l'objet d'un nouveau contrat, en cours de négociation avec Île-de-France Mobilités."

Du côté d'Île-de-France Mobilités, on craint que la suspension des projets engendre d'importants retards quant à la livraison des nouvelles rames. "L’argent ça se rattrape, le temps, c’est beaucoup plus compliqué", estime un connaisseur du dossier. Et souhaite que la SNCF maintienne ses investissements.

Une "catastrophe pour tous les Franciliens"

Sur Twitter, Valérie Pécresse s'est alarmée d'une future "catastrophe pour tous les Franciliens". Une manière pour la présidente d'Île-de-France Mobilités de mettre la pression sur le gouvernement. L'élue espère toujours que l'Etat prenne en charge la totalité des pertes engendrées par la crise.

Les députés n'ont pour l'heure prévu qu'un acompte de 425 millions d'euros. Les sénateurs, qui ont commencé à débattre des contours de la loi de finance rectificative, sont prêts à porter le budget à 920 millions d'euros.

Valérie Pécresse rencontrera ce mardi la nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, pour négocier une sortie de crise. La présidente de la région s'est jusqu'ici toujours opposée à une éventuelle augmentation du prix du passe Navigo.

Barthélémy Bolo avec Florian Bouhot