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Theresa May-Jacques Chirac, même combat (et même résultat)

Theresa May et Jacques Chirac.

Theresa May et Jacques Chirac. - Stefan Wermuth - AFP / POOL / MICHEL LIPCHITZ / POOL / AFP

La Première ministre britannique a fait la même erreur que l’ancien président français en convoquant des élections qu’elles pensaient jouées.

1997-2007, l’Histoire se répète. Ce vendredi, de nombreux internautes n’ont pas manqué de faire le parallèle entre la mésaventure électorale de Theresa May en Grande-Bretagne la veille et le fiasco de la dissolution de l’Assemblée nationale par Jacques Chirac il y a vingt ans. Deux paris ratés qui ont affaibli politiquement leurs auteurs.

De fait, les similitudes sont frappantes de part et d’autres de la Manche. En terme de stratégie, d’abord: la Première ministre britannique comme l’ancien président français disposaient tous deux d’une majorité parlementaire absolue avant de convoquer des élections anticipées.

Sur le papier, ils n’avaient donc nul besoin d’appeler les électeurs aux urnes. En outre, le timing est presque sensiblement le même: les précédents scrutins parlementaires au Royaume-Uni et en France avaient eu lieu seulement deux ans auparavant.

Cohabitation pour Chirac

Les cas Chirac et May divergent en revanche dans les objectifs. Pour le chef de l’Etat français, il s’agissait d’obtenir une majorité plus docile du côté de de sa propre famille politique (malgré une avance écrasante de 183 sièges sur son opposition avant la dissolution).

Pour la locataire du 10 Downing Street, qui n’avait que 5 sièges de majorité, l’objectif était de décrocher une large victoire électorale afin d’aborder les négociations sur le Brexit en position de force. Avec 16 strapontins perdus par le camp conservateur jeudi, c'est raté.

Pas de démission pour May

Face aux sondages qui donnaient leur camp gagnant, Theresa May et Jacques Chirac ont joué et ils ont perdu. Mais les conséquences pour l’une et l’autre diffèrent là encore. Le président français avait dû cohabiter pendant cinq ans avec son opposition socialiste, la conduite des affaires du pays revenant essentiellement à cette dernière.

Tandis que Theresa May reste la cheffe de la formation arrivée en tête aux élections. Suffisant pour lui permettre de prétendre former un nouveau gouvernement, dans un paysage politique beaucoup plus inconfortable.

Ghislain de Violet