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Theresa May a-t-elle fait la même erreur politique que Jacques Chirac en 1997?

Theresa May lors du sommet du G7 de Taormina, en Sicile, le 26 mai 2017.

Theresa May lors du sommet du G7 de Taormina, en Sicile, le 26 mai 2017. - Justin TALLIS / AFP

A une semaine des législatives britannique anticipées, plusieurs voyants de la campagne des conservateurs sont dans le rouge. Theresa May pourrait-elle perdre sa majorité comme Jacques Chirac après sa dissolution de l'Assemblée?

En convoquant des élections anticipées, Theresa May s'est-elle fait hara kiri comme Jacques Chirac avec la dissolution de l'Assemblée du printemps 1997? A une semaine des élections législatives en Grande-Bretagne, la Première ministre britannique traverse une période de turbulences et pourrait bien perdre sa majorité au Parlement, qui est actuellement de 17 sièges. 

La politique a sa propre temporalité, et la situation britannique le montre une nouvelle fois, puisque le contexte du mois d'avril, lorsque ce scrutin a été annoncé, semble aujourd'hui d'un autre temps. Les conservateurs bénéficiaient alors d'une grosse vingtaine de points d'avance sur le parti travailliste dans les sondages et donc en capacité de renforcer leur majorité. Désormais, les Tories n'ont plus aucune certitude.

L'écart se resserre dans les sondages

L'écart entre les deux partis s'est considérablement resserré dans les études d'opinions. Selon une enquête ITV-Survation publiée mardi, le parti de Theresa May (43%) ne dispose ainsi plus que de six points d'avance sur le Labour (37%). Pire, certaines projections réalisées par l'institut YouGov et parues mercredi dans le quotidien The Times prédisent une victoire de trente sièges pour le Labour et une perte de 20 pour les Tories. Dans un tel scénario, les conservateurs resteraient la première force au Parlement mais ils n'auraient plus la majorité. 

Le Times prévient toutefois que ces projections, réalisées en l'espace d'une semaine auprès de 50.000 personnes, comportent une "forte marge d'erreur", un autre scénario évoquant par exemple une nette victoire des Tories. L'enquête YouGov a d'ailleurs été accueillie avec beaucoup de réserve dans les deux camps. Mme May a déclaré que "le seul sondage qui compte, c'est celui qui aura lieu le 8 juin", jour du scrutin. Reste que le scénario, peu probable, est tout de même envisageable, alors qu'il ne l'était pas il y a encore plusieurs semaines. L'étude de YouGov montre que l'écrasante victoire des Tories ne peut être prise pour acquise. 

Quelques couacs dans la campagne

Outre les signaux donnés par les sondages, la campagne des conservateurs a connu quelques couacs. La présentation de leur programme a par exemple donné lieu à une polémique, à cause d'un projet controversé pour réformer les aides aux personnes âgées. Les coupes budgétaires imposées par le gouvernement conservateur dans les services publics depuis 2010 ont aussi été reprochés à Theresa May. 

Le choix des élections anticipées ou de la dissolution du Parlement est toujours risqué. Pour Theresa May, il s'agissait de faire d'une pierre deux coups, en lui donnant la légitimé nécessaire à la bonne conduite du Brexit et en affaiblissant les travaillistes emmenés par Jeremy Corbyn.

En France, la dissolution de l'Assemblée, permise par l'article 12 de la Constitution, peut permettre au président d'obtenir la majorité nécessaire pour gouverner. Elle peut aussi redonner du souffle à son mandat, et c'est le pari qu'avait fait Jacques Chirac au printemps 1997. Il avait été élu deux ans plus tôt et bénéficiait d'une majorité très confortable à l'Assemblée. Mais cette dissolution ratée l'a conduit à devoir cohabiter pendant 5 ans avec un gouvernement de gauche. 

Charlie Vandekerkhove avec AFP