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Iran: une marée humaine pour le début des cérémonies d'hommage au général Soleimani

Marée humaine dans les rues d'Ahvaz, en Iran, pour rendre hommage au général Qassem Soleimani, le 5 janvier 2019

Marée humaine dans les rues d'Ahvaz, en Iran, pour rendre hommage au général Qassem Soleimani, le 5 janvier 2019 - HOSSEIN MERSADI / fars news / AFP

Une foule "innombrable" s'est massée ce dimanche dans les rues d'Ahvaz pour rendre hommage au général iranien, tué vendredi en Irak.

Une marée humaine a envahi ce dimanche matin les rues d'Ahvaz, en Iran, pour rendre hommage au général Qassem Soleimani, tué vendredi par une frappe américaine en Irak et dont la dépouille a été rapatriée dans son pays natal très tôt dans la matinée.

Le rassemblement dans cette ville, capitale du Khouzestan, province martyre de la guerre Iran-Irak (1980-1988) pendant laquelle le général commença à s'illustrer, marque le début de trois jours de cérémonies en l'honneur du soldat le plus populaire en Iran, après celles ayant eu lieu samedi en Irak.

L'hommage national doit se poursuivre à Téhéran, Machhad (nord-est) et Qom (centre) jusqu'à l'inhumation de la dépouille de l'officier, prévue mardi dans sa ville natale de Kerman (sud-est).

Rassemblée sur la place Mollavi et dans plusieurs rues alentours, la foule d'Ahvaz arbore des drapeaux rouges (couleur du sang des "martyrs"), verts (couleur de l'islam) et blancs ornés de slogans religieux, ainsi que des portraits du général qui commandait la force Qods, unité d'élite des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Trump menace de frapper l'Iran

Qassem Soleimani, chef de la branche des Gardiens chargée des opérations extérieures de l'Iran et architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, a été tué vendredi lors d'une frappe aérienne américaine devant l'aéroport international de Bagdad. La mort du général, que l'Iran a promis de venger, a choqué la République islamique et suscité des craintes d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Le président américain Donald Trump, qui a ordonné personnellement cet assassinat, a annoncé samedi que les Etats-Unis avaient sélectionné 52 sites en Iran et qu'ils les frapperaient "très rapidement et très durement" si la République islamique attaquait du personnel ou des sites américains.

Certains de ces sites iraniens "sont de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne", a-t-il averti sur Twitter. 

Donald Trump a souligné que le chiffre de 52 sites iraniens correspondait de manière symbolique au nombre d'Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d'un an à partir de la fin de 1979 à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Dans un autre tweet ce dimanche, il a également affirmé que les Etats-Unis frapperaient l'Iran plus fort qu'il n'a jamais été frappé s'il menait des attaques en représailles à l'assassinat de Qassem Soleimani.

L'ambassade américaine à Bagdad visée

Les factions pro-Iran en Irak ont fait monter samedi la pression sur les bases abritant des soldats américains à l'issue d'une journée de défilés monstres pour rendre hommage au général Soleimani.

Dans la soirée a commencé ce qui pourrait être le début de l'escalade évoquée depuis la frappe qui a tué vendredi l'officier iranien et Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de combattants pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

Des roquettes et obus de mortier se sont abattus quasi-simultanément dans la Zone verte de Bagdad, où se trouve l'ambassade américaine, et sur une base militaire plus au nord, où sont déployés des soldats américains, sans faire de victimes.

Mélanie Rostagnat avec AFP