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Migrants: Macron se félicite d'un accord européen qui écarte le "repli national"

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - Capture BFMTV

Emmanuel Macron s'est félicité de l'obtention d'un accord européen sur la crise migratoire, réaffirmant sa position quant au rôle de la France sur ce dossier.

C'est une victoire défensive, mais l'épineux dossier de la crise migratoire, qui menace l'unité européenne, est loin d'être clos. Ce vendredi, Emmanuel Macron s'est félicité de l'accord trouvé dans la nuit entre les 28 membres de l'Union européenne, qui acte le principe de solidarité entre les pays membres de l'Union européenne, notamment à l'égard des pays d'entrée comme l'Italie, l'Espagne ou la Grèce.

"Nombre de commentateurs prédisaient l’absence d’accord et la rupture. Nous avons montré hier qu’un accord était possible", a déclaré le président de la République devant la presse. 

Le chef de l'Etat, adversaire déclaré de la "lèpre populiste", a estimé que "toutes les solutions pensées à la va-vite, soit de repli national, soit de trahison de nos principes qui consistaient à repousser les uns ou les autres dans des pays tiers ont été explicitement écartées". 

"Au total, nous protégeons mieux, nous coopérons davantage, et nous réaffirmons nos principes", a-t-il jugé. "C’est pour moi une vraie satisfaction et une victoire."

Pas de centre de contrôle en France

Les centres contrôlés d’accueil sur le territoire européen, l'une des principales mesures décidées lors de ce sommet européen, permettent selon Emmanuel Macron "d’articuler les principes de responsabilité et de solidarité": "Responsabilité puisque nous gardons le droit du pays actuel, la responsabilité du pays de premier arrivée. Solidarité puisque nous acceptons une mutualisation de l’organisation et du financement européen."

Le président français s'est attardé sur les modalités d'installation de ces centres, précisant qu'ils ne pourraient être créés que sur la base du volontariat dans les pays de premier accueil des migrants. Dans la droite ligne des solutions adoptées pour l'Aquarius et le Lifeline, Emmanuel Macron a réaffirmé ses positions concernant le rôle de l'Hexagone dans cette crise. 

"La France n’est pas un pays de première arrivée. Certains voulaient nous pousser à cela, je l’ai refusé. Les règles internationales de secours en mer sont claires: c’est le pays le plus proche qui doit être choisi comme port. Nos règles de responsabilités sont claires, en aucun cas elles ne sont remises en cause par cet accord. Par contre, pour les pays de première arrivée, qui sont choisis compte-tenu du droit international maritime, nous devons être plus solidaires et assurer une prise en charge européenne dès le premier jour."

Autrement dit, aucun centre de contrôle ne sera installé sur le territoire français, mais la France sera susceptible d'accueillir ensuite une partie des migrants "acceptés" à l'issue dudit contrôle. 

La participation des pays en première ligne face aux vagues de réfugiés reste manifestement un sujet sensible, sur lequel le président de la République a préféré resté prudent: "C’est à eux de dire s’ils sont candidats. Certains l’ont exprimé hier clairement autour de la table, mais il leur appartient de le faire publiquement", a ainsi conclu Emmanuel Macron.

Le risque politique d'éclatement de l'Union n'est donc pas totalement écarté, puisqu'il semble que chacun puisse, peu ou prou, tirer ce qu'il souhaite de cet accord

Louis Nadau