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Manuel Valls a-t-il des chances de remporter Barcelone?

L'ancien Premier ministre français part à la conquête de la capitale catalane. Mais encore peu connu à Barcelone, Manuel Valls a-t-il vraiment les moyens de ses ambitions?

Manuel Valls vient d'annoncer sa candidature à la mairie de Barcelone". Mais l'ancien Premier ministre français a-t-il réellement des chances de conquérir la capitale catalane?

Manuel Valls s'est donné pour projet de bouleverser le paysage politique catalan en incarnant une Barcelone cosmopolite, "ni de droite, ni de gauche" face au nationalisme catalan. Pour l'instant, celui qui est pour l'instant toujours député de l'Essonne, compte mener une candidature indépendante, même s'il est dores-et-déjà assuré du soutien du parti libéral Ciudadanos, fer de lance de l'opposition à l'indépendantisme.

"C'est une candidature qui chamboule" le paysage politique, estime Joaquim Coll, historien et analyste politique proche de Valls, qui juge son pari "risqué" mais pas "suicidaire".

Aucune figure catalane présente

Mais la tâche s'annonce difficile, notamment en raison de la nature du scrutin, car Manuel Valls va devoir rallier politiquement autour de lui. "Ses chances d'être maire sont minces", estime le politologue de l'Université de Barcelone, Jordi Muñoz. Manuel Valls n'est pour l'heure pas parvenu à convaincre les deux autres partis anti-indépendantistes, le Parti socialiste à gauche et le Parti populaire à droite, de se rallier à sa candidature, souligne Muñoz. Aucune grande figure de la politique catalane n'était présente pendant son discours.

Or, estime le politologue Oriol Bartomeus, "la seule façon qu'il a de gagner" est de mettre sur pied une liste d'ouverture afin d'arriver en tête le 26 mai et de parier ensuite sur la division de ses adversaires. Les élections municipales se font au scrutin proportionnel en Espagne, obligeant les partis à des tractations après le vote.

Peu connu des Barcelonais

Autre difficulté, celle de convaincre des électeurs catalans qui le connaissent très peu. Quant à ceux pour qui son visage est familier, Manuel Valls ne fait pas l'unanimité, en particulier dans le camp indépendantiste, qui ironise sur sa méconnaissance de la ville.

"C'est un candidat qui ne connaît pas Barcelone, qui n'est pas connu à Barcelone", a dénoncé l'ancien président catalan Carles Puigdemont dans un entretien. 

"Je ne sais pas ce qu'il vient faire ici. J'imagine que comme on n'en veut pas en France, il vient à Barcelone", réagit encore Laura Bozzo, retraitée arborant un ruban jaune en soutien aux séparatistes emprisonnés.

Héritage familial, footballistique et linguistique

Fort de son passé comme ministre de l'Intérieur, Manuel Valls compte également faire campagne sur la lutte contre l'insécurité, une préoccupation grandissante des Barcelonais. Il a également recruté pour sa campagne un ex-directeur de communication du FC Barcelone, club dont il est supporter, et l'ancien bras droit du maire socialiste, Pasqual Maragall.

Il mise également beaucoup sur son histoire familiale. Elevé par un père peintre catalan et une mère italienne, l'ancien Premier ministre confiait en 2015 au Parisien avoir jusqu'à 16 ans vécu "pleinement cette triple culture espagnole -et catalane-, italienne et française", parlant catalan chez ses parents. 

"Depuis ma naissance (...) ma relation avec Barcelone a été intime, constante" a-t-il réitéré pendant son discours de candidature ce mardi.

Le parti indépendantiste de centre droit PDECAT de Carlos Puigdemont devrait avoir pour tête de liste un autre ancien socialiste, l'historien Ferran Mascarell. La Gauche républicaine de Catalogne (ERC), autre grand parti séparatiste, présentera quant à elle Ernest Maragall, frère de l'ancien maire, Pasqual Maragall.

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Manuel Valls

Jeanne Bulant avec AFP