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Depuis début octobre, une flambée de manifestations dans le monde

Manifestation dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban le 20 octobre 2019

Manifestation dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban le 20 octobre 2019 - Patrick BAZ / AFP

A Beyrouth, Santiago du Chili, à Conakry ou à Bagdad, des milliers des manifestants sont descendus dans les rues depuis le début du mois d'octobre, avec des heurts plus ou moins violents avec les forces de l'ordre selon les pays.

Du Chili au Liban, en passant par la Guinée, l'Equateur ou l'Irak, les mouvements de contestation se sont multipliés ces dernières semaines autour du monde. Tour d'horizon des principaux soulèvements populaires observés depuis le début du mois d'octobre:

  • Au Chili
Des milliers de manifestants dans les rues de Santiago de Chile, au Chili, le 25 octobre 2019
Des milliers de manifestants dans les rues de Santiago de Chile, au Chili, le 25 octobre 2019 © PEDRO UGARTE / AFP

Quand? Depuis le 18 octobre.

Quel élément déclencheur? La hausse des tickets de métro à Santiago.

Où en est-on? Malgré la suspension de la hausse suivie de mesures sociales proposées par le président conservateur Sebastian Piñera, la contestation face aux conditions socio-économiques et aux inégalités s'est amplifiée et étendue à d'autres régions. Une grève générale a commencé le 23 octobre.

Quel bilan humain? 18 morts.

  • Au Liban
Une manifestante maquillée en Joker à Beyrouth, au Liban, le 19 octobre 2019
Une manifestante maquillée en Joker à Beyrouth, au Liban, le 19 octobre 2019 © Patrick BAZ / AFP

Quand? Depuis le 17 octobre.

Quel élément déclencheur? Une nouvelle taxe sur les appels passés via la messagerie WhatsApp.

Où en est-on? Le gouvernement de Saad Hariri a rapidement annulé la mesure et annoncé des réformes économiques d'urgence. Mais le mouvement de contestation, réclamant le départ de l'ensemble de la classe politique, continue de grandir du nord au sud du pays, provoquant sa quasi-paralysie.

Quel bilan humain? Manifestations pacifiques, émaillées de quelques heurts.

  • En Bolivie
Manifestation contre les résultats de l'élection présidentielle à Sucre, en Bolivie, le 22 octobre 2019
Manifestation contre les résultats de l'élection présidentielle à Sucre, en Bolivie, le 22 octobre 2019 © Jose Luis Rodriguez / AFP

Quand? Depuis le 21 octobre.

Quel élément déclencheur? Le dépouillement polémique de la présidentielle du 20 octobre, donnant quasiment vainqueur le chef de l'Etat sortant, Evo Morales. 

Où en est-on? Plusieurs régions sont le théâtre de violents incidents. Le 23 octobre une grève générale a débuté à Santa Cruz, capitale économique et bastion de l'opposition, avant de s'étendre. Le dirigeant socialiste, qui avait qualifié le mouvement de "coup d'Etat", a revendiqué la victoire le 24.

Quel bilan humain? Des blessés dans des affrontements entre partisans et détracteurs d'Evo Morales.

  • En Guinée
Manifestation contre le troisième mandat du président Alpha Condé à Conakry, en Guinée, le 24 octobre 2019
Manifestation contre le troisième mandat du président Alpha Condé à Conakry, en Guinée, le 24 octobre 2019 © CELLOU BINANI / AFP

Quand? Depuis le 7 octobre.

Quel élément déclencheur? Le projet prêté au président sortant Alpha Condé, 81 ans, de briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution.

Où en est-on? Les manifestations rassemblant des milliers de Guinéens se succèdent à l'appel du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), coalition de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

Quel bilan humain? Une dizaine de morts.

  • En Irak
Manifestation contre la classe politique irakienne à Nasiriyah, le 25 octobre 2019
Manifestation contre la classe politique irakienne à Nasiriyah, le 25 octobre 2019 © AFP

Quand? Depuis le 1er octobre.

Quel élément déclencheur? Appels spontanés sur les réseaux sociaux pour réclamer du travail et des services publics fonctionnels.

Où en est-on? Après une semaine de contestation violemment réprimée, le gouvernement a annoncé des mesures sociales, mais aucune réforme en profondeur. La rue veut, elle, une nouvelle Constitution et un renouvellement total de la classe politique. Vendredi, la contestation a repris, avec une nouvelle flambée de violences, attisée par le leader chiite Moqtada Sadr.

Quel bilan humain? Plus de 150 morts la première semaine. Plus d'une douzaine pour la seule journée de vendredi. 

  • En Ethiopie
Les partisans de Jawar Mohammed manifestent dans les rues d'Addis Abeba en Ethiopie, le 23 octobre 2019
Les partisans de Jawar Mohammed manifestent dans les rues d'Addis Abeba en Ethiopie, le 23 octobre 2019 © STRINGER / AFP

Quand? Depuis le 23 octobre.

Quel élément déclencheur? Les violences ont éclaté dans la capitale Addis Abeba avant de se répandre dans la région d'Oromia, lorsque les partisans de l'opposant controversé Jawar Mohammed sont descendus dans les rues, brûlant des pneus et érigeant des barricades, soupçonnant l'actuel premier ministre Abiy Ahmed de préparer une attaque contre lui.

Où en est-on? Initialement dirigées contre le premier ministre, récent prix Nobel de la Paix, les violences ont dégénéré en affrontements ethniques.

Quel bilan humain? 67 morts.

  • En Equateur
Le mouvement indigène célèbre le retrait d'un décret sur la hausse des carburants à Quito, en Equateur, le 13 octobre 2019
Le mouvement indigène célèbre le retrait d'un décret sur la hausse des carburants à Quito, en Equateur, le 13 octobre 2019 © Luis ROBAYO / AFP

Quand? Du 1er au 13 octobre.

Quel élément déclencheur? La hausse du prix des carburants. 

Où en est-on? Après 12 jours de manifestations, un accord a été conclu entre le mouvement indigène, fer de lance de la contestation, et le président Lenin Moreno, qui a retiré le décret controversé.

Quel bilan humain? Huit morts et 1340 blessés.

  • Ailleurs dans le monde

D'autres mouvements, entamés plus tôt dans l'année se poursuivent :

A Hong-Kong, un mouvement de contestation est né le 9 juin, enclenché par un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine continentale. Les manifestations et actions quasi-quotidiennes, rassemblant jusqu'à deux millions de personnes dans ce territoire de 7,3 millions d'habitants, ont plongé l'ex-colonie britannique dans sa pire crise politique depuis la rétrocession en 1997.

Le projet a été suspendu début septembre mais les revendications se sont élargies à la dénonciation du recul des libertés et des ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de sa région semi-autonome. Initialement pacifiques, les manifestations ont dégénéré en violents heurts entre militants et forces de l'ordre. De nombreux militants pro-démocratie ont été attaqués par des partisans du pouvoir de Pékin.

En Algérie, la décision d'Abdelaziz Bouteflika de briguer un 5e mandat a provoqué une vague de manifestations pacifiques le 22 février.

Le président algérien a démissionné début avril, mais les manifestations ont continué, réclamant le départ de l'ensemble de l'appareil politique. Le "Hirak" (mouvement) rejette la tenue d'une élection présidentielle, annoncée le 12 décembre par le pouvoir intérimaire, n'y voyant qu'un moyen pour le "système" de se maintenir au pouvoir.

En Espagne, des émeutes ont éclaté le 14 octobre en Catalogne après la condamnation de neuf dirigeants séparatistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de la région en 2017. En six jours de mobilisation, près de 600 personnes ont été blessées. Les grandes organisations indépendantistes ont de nouveau appelé à manifester ce samedi dans les rues de Barcelone.

Mélanie Rostagnat avec AFP