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Espagne: jusqu'à 13 ans de prison pour les indépendantistes catalans

L'ancien président Catalan Carles Puigdemont parle à la presse avec des membres de son gouvernement, le 1er octobre 2017, après le référendum pour l'indépendance de la Catalogne

L'ancien président Catalan Carles Puigdemont parle à la presse avec des membres de son gouvernement, le 1er octobre 2017, après le référendum pour l'indépendance de la Catalogne - Handout / Generalitat de Catalunya / AFP

La Cour suprême espagnole a rendu ce lundi son jugement pour les douze indépendantistes catalans qui ont organisé un référendum d'autodétermination en 2017.

Neuf indépendantistes catalans ont été condamnés par la Cour suprême espagnole ce lundi à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017, une sentence qui risque de relancer la tension dans cette région que le séparatisme maintient en ébullition depuis près de dix ans.

Ces indépendantistes ont été jugés pour avoir organisé le 1er octobre 2017, en dépit de l'interdiction de la justice, un référendum d'autodétermination, émaillé de violences policières, et pour la proclamation le 27 du même mois d'une déclaration d'indépendance votée par le parlement catalan. Cette tentative de sécession de la Catalogne, riche région du nord-est de l'Espagne, avait été la pire crise politique qu'ait connue le pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Les peines vont jusqu'à treize ans de prison

Les neuf indépendantistes, qui étaient en détention provisoire, ont été condamnés pour sédition et certains pour détournements de fonds publics. Les juges n'ont toutefois pas retenus la qualification de "rébellion" émise par le parquet au sujet d'Oriol Junqueras, un fait sévèrement puni par la Cour suprême. De fait si le principal accusé et ancien vice-président régional catalan a écopé de 13 ans de prison, la plus lourde peine des douze indépendantistes, il échappe aux 25 ans de prison qui avaient été requis par le parquet.

Juste après le prononcé de sa condamnation, ce dernier a promis de revenir "encore plus fort":

"A ceux dont la seule volonté est de faire du mal, nous leur disons que rien n'est terminé aujourd'hui, vous n'avez ni vaincu ni convaincu. Nous reviendrons et nous reviendrons encore plus forts (...) N'ayez aucun doute, nous reviendrons et nous gagnerons", promet-il dans une lettre à ses partisans écrite depuis sa prison et publiée par son parti Gauche Républicaine de Catalogne (ERC).

L'ex-président catalan, Carles Puidgemont, qui réside en Belgique depuis 2017 et n'a pas été jugé, a dénoncé de son côté sur Twitter une "aberration" après cette condamnation qui cumule "100 ans de prison" au total, estimant qu'il était "temps de réagir", "Pour l'avenir de nos fils et de nos filles. Pour la démocratie. Pour l'Europe. Pour la Catalogne".

Vers un embrasement?

Ces nouvelles condamnations vont replacer la question catalane plus que jamais au centre du débat politique en Espagne, à moins d'un mois des élections législatives du 10 novembre. En Catalogne où, depuis 2010, l'indépendantisme mobilise de vastes manifestations, les forces de l'ordre se préparent ainsi à un regain de tension.

A Barcelone, des militants indépendantistes ont commencé à couper des rues avant des manifestations prévues à 20 heures dans toute la région, tandis que les militants radicaux des Comités de Défense de la République (CDR) appelaient à la "révolte populaire".

Le club de football du FC Barcelone s'est ajouté au concert de réactions en déclarant dans un communiqué que "la prison n'est pas la solution".

Déjà en campagne électorale, le chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez les a prévenus qu'il n'hésiterait pas à prendre des mesures extraordinaires pour garantir la sécurité dans la région si cela s'avérait nécessaire, même à suspendre son autonomie, comme en octobre 2017 après la tentative de sécession.

J. G. avec AFP