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Présidentielle en Bolivie: Morales déclaré vainqueur au premier tour, après les résultats définitifs 

Evo Morales lors d'une conférence de presse, le 23 octobre 2019

Evo Morales lors d'une conférence de presse, le 23 octobre 2019 - Aizar Raldes - AFP

L'autorité électorale bolivienne a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale.

L'autorité électorale bolivienne, qui a conclu vendredi le dépouillement des bulletins de vote, a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale. 

La présidente du Tribunal suprême électoral (TSE), Maria Eugenia Choque, a lu les résultats du comptage de 100% des bulletins : le chef de l'Etat socialiste sortant obtient 47,08% des voix, contre 36,51% à son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa, soit un écart supérieur aux dix points de pourcentage nécessaires pour s'imposer au premier tour.

Son principal adversaire pendant ce scrutin, le centriste Carlos Mesa, qui accuse le gouvernement de "fraudes" et a souligné qu'il ne reconnaîtrait pas les résultats, a appelé ses partisans à se mobiliser pacifiquement pour réclamer un second tour.

"Le système électoral en Bolivie est complètement transparent", a assuré Idelfonso Mamani, un des magistrats du Tribunal suprême électoral.

Cinq tribunaux incendiés

L'Union européenne a appelé jeudi à "mettre un terme au processus de dépouillement en cours" et recommandé "la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance" dans ces élections.

De leur côté, les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie ont demandé qu'un second tour ait lieu si l'OEA ne confirmait pas le résultat du premier tour. Dans le cas contraire, ils menacent de ne pas reconnaître Evo Morales.

L'Organisation des Etats américains, "surprise" et "[inquiète]" face au revirement dans le comptage, a dit vouloir réaliser un audit des résultats, sans en préciser les dates ou les conditions. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé vendredi "pleinement" soutenir un tel audit.

A contrario, Cuba, le Venezuela et le Mexique ont félicité Evo Morales. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a dénoncé vendredi une "tentative de coup d'Etat" et appelé à "reconnaître la légitimité de la victoire d'Evo Morales".

Entre lundi et mercredi, des manifestants ont incendié cinq tribunaux électoraux départementaux, tandis qu'une grève nationale a été déclenchée à partir de Santa Cruz. Des Boliviens, qui dénoncent une "autocratie", n'ont pas digéré la décision de Evo Morales de briguer un quatrième mandat, alors que les électeurs s'étaient prononcés contre à l'occasion d'un référendum en 2016.

C.Bo. avec AFP