BFMTV

Vol MH370: le point sur l'enquête

Les autorités malaisiennes donnent une conférence de presse, le 19 mars, à Kuala Lumpur. Le Boeing 777 a disparu le 8 mars dernier avec 239 personnes à bord, alors qu'il reliait la Malaisie à la Chine.

Les autorités malaisiennes donnent une conférence de presse, le 19 mars, à Kuala Lumpur. Le Boeing 777 a disparu le 8 mars dernier avec 239 personnes à bord, alors qu'il reliait la Malaisie à la Chine. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Alors que l'avion de la Malaysia Airlines a disparu depuis maintenant plus de dix jours, la piste semble progressivement se resserrer autour du pilote et du copilote, tandis que l'appareil, recherché par 25 pays dans un périmètre de 7,7 millions de kilomètres carrés, demeure introuvable.

Plus de dix jours après la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines avec 239 personnes à bord, le mystère reste entier. L'enquête piétine, malgré les nombreuses hypothèses évoquées. Si la piste semble se resserrer autour du pilote et du copilote, la route suivie par l'avion après sa perte de contact reste toujours inconnue. De fait, les recherches se sont considérablement étendues par rapport à la trajectoire initiale de l'appareil, des signaux ayant été repérés plusieurs heures après sa disparition supposée. Que sait-on aujourd'hui? Quelles sont les dernières pistes? BFMTV.com fait le point.

> Un changement de cap délibéré?

Deux avions de Malaysia Airlines stationnent sur le tarmac de l’aéroport de Kuala Lumpur. (photo d'illustration)
Deux avions de Malaysia Airlines stationnent sur le tarmac de l’aéroport de Kuala Lumpur. (photo d'illustration) © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• Un vol prolongé? Vendredi, des médias américains ont révélé que l'avion aurait continué à communiquer automatiquement avec un satellite, en envoyant des signaux réguliers pendant six heures après l'extinction de sa disparition supposée, laissant penser qu'il aurait poursuivi sa route pendant ce laps de temps. Ce même jour, les Etats-Unis avaient indiqué que les deux systèmes de communication de l'avion avaient été coupés à quelques minutes d'intervalle, laissant croire à une extinction manuelle, nécessitant une intervention humaine.

• Un détournement? Ces informations, ajoutées au fait que l'appareil a changé plusieurs fois de direction et d'altitude après la perte de contact, et que le cap de l'avion aurait été modifié sur l'ordinateur de bord, semblent accréditer la thèse d'une disparition délibérée, voire d'un détournement, bien que les autorités malaisiennes n'aient pas strictement confirmé cette piste. Outre-Atlantique, le président de la commission de Sécurité Intérieure à la Chambre des représentants américaine, Michael McCaul, a évoqué l'hypothèse de l'avion détourné et caché, pour servir plus tard de "missile de croisière".

Un membre de l'armée de l'air malaisienne tente de retrouver la trace du Boeing 777 sur une carte marine, le 14 mars 2014.
Un membre de l'armée de l'air malaisienne tente de retrouver la trace du Boeing 777 sur une carte marine, le 14 mars 2014. © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• Une multitude de routes possibles. Le périmètre de recherches, jusque là limité à la mer de Chine méridionale et au détroit de Malacca, a donc été considérablement élargi, portant désormais sur 7,7 millions de kilomètres carrés (soit une zone plus vaste que l'Australie). Vingt-cinq pays sont impliqués dans les recherches. Les enquêteurs ont évoqué deux routes possibles: le corridor nord, passant au nord de la Thaïlande jusqu'au Kazakhstan et au Turkménistan, et le corridor sud, de l'Indonésie jusqu'au milieu de l'océan Indien. Mardi, la Chine a indiqué mener des recherches sur son propre territoire. Par ailleurs, le fait que les passagers disposant de téléphones portables n'ont pas contacté leurs proches, comme ce fut le cas lors des attentats du 11-Septembre, pourrait indiquer que l'avion volait soit très haut, soit au-dessus de l'eau, ou que les passagers étaient inconscients, en raison d'une possible dépressurisation de la cabine.

• Aperçu au-dessus des Maldives? Mardi, un site d'information local des Maldives a évoqué, en citant des témoignages, la possibilité que l'avion ait été vu en train de voler à basse altitude. Mais les forces armées des Maldives ont affirmé que les radars du pays n'avaient détecté aucune trace du Boeing 777. Les données des radars civils des aéroports du pays ont également été "analysées" et n'ont montré "aucune indication du vol". De son côté, la Thaïlande a indiqué tardivement avoir repéré un "appareil non identifié" changeant plusieurs fois de direction, après l'heure de la disparition supposée de l'avion.

> Une responsabilité de l'équipage?

La personnalité du pilote, qui avait un simulateur de vol personnel, intrigue les enquêteurs.
La personnalité du pilote, qui avait un simulateur de vol personnel, intrigue les enquêteurs. © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• La personnalité des pilotes étudiée de près. Le changement de cap et la désactivation apparemment délibérée des systèmes de communication de l'avion ont placé les pilotes au centre de l'enquête. Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, est connu pour être expérimenté, avec plus de 18.000 heures de vol au compteur (photo ci-contre). Décrit comme un "geek" de l'aviation, il a rejoint la Malaysia Airlines en 1981. Son copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, fils d'un haut responsable malaisien, a rejoint la compagnie à l'âge de 20 ans. Il est décrit comme un jeune homme sans histoires et bien élevé. Il a notamment éveillé les soupçons pour avoir invité une jeune femme dans le cockpit lors d'un vol, en 2011, une pratique formellement interdite depuis le 11-Septembre. Les domiciles respectifs des deux hommes ont été perquisitionnés et pour l'heure, ni l'audition de leur entourage ni l'examen de leur passé n'ont permis de les impliquer.

• Un simulateur de vol passé au crible. Par ailleurs, le pilote connaîtrait parfaitement le 777, le modèle du Boeing qui a disparu. Et pour cause: il possédait un simulateur de vol de cet avion chez lui. Mais les spécialistes affirment qu'il n'est pas rare pour un pilote de ligne de posséder ce genre de gadgets à domicile. Un élément troublant a toutefois été révélé mercredi par le ministre des Transports malaisiens: des données ont été effacées du simulateur. Elles sont en cours de récupération par des experts. Les collègues, proches et amis de Zaharie le décrivent en outre comme un pilote respecté et un homme affable, "joyeux", qui "aimait les gens", volontiers cuisinier et bricoleur.

Un pilote et son copilote dans le cockpit d'un avion de ligne (photo d'illutration).
Un pilote et son copilote dans le cockpit d'un avion de ligne (photo d'illutration). © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• Des derniers mots qui intriguent. "Eh bien, bonne nuit", sont les derniers mots reçus à terre de la part de l'avion. Ils ont été prononcés de façon détendue par le copilote à 1h19 du matin, le samedi 8 mars, 38 minutes après le décollage du Boeing de Kuala Lumpur, et quelques instants avant la désactivation des systèmes de communication de l'appareil. Il s'agissait d'une réponse aux contrôleurs indiquant à l'équipage que l'avion s'apprêtait à quitter l'espace aérien malaisien.

• Tous les passagers étudiés de près. Par ailleurs, les enquêteurs ont étudié les profils de tous les passagers présents à bord de l'avion, mais n'ont trouvé aucun élément suspect. "Nous avons reçu les (résultats des) vérifications effectuées sur le profil passagers par tous les pays à l'exception de l'Ukraine et de la Russie. Pour le moment, aucune information significative sur les passagers n'a été trouvée", a déclaré le ministre malaisien des Transports, ce mercredi.

Adrienne Sigel et avec AFP