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Boeing 777 disparu: quels signaux permettent de tracer un avion?

Un membre de l'armée de l'air malaisienne tente de retrouver la trace du Boeing 777 sur une carte marine, le 14 mars 2014.

Un membre de l'armée de l'air malaisienne tente de retrouver la trace du Boeing 777 sur une carte marine, le 14 mars 2014. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'enquête sur la disparition du Vol MH370 qui effectuait la liaison Kuala Lumpur-Pékin apporte chaque jour son lot de nouveaux éléments, notamment grâce aux signaux automatiques qui auraient été reçus plusieurs heures après la perte de contact. Mais au fait, de quels systèmes de traçage est équipé un avion?

MISE A JOUR - Le Premier ministre malaisien a annoncé ce lundi 24 mars que le vol MH370 était "tombé dans le sud de l'océan Indien" et qu'il n'y avait pas de survivant. Un peu plus tôt, les autorités australiennes avaient indiqué qu'elles étaient en passe de récupérer des débris, sans doute liés au Boeing 777 disparu. Ces nouvelles révélations soulèvent évidemment la question du trajet de l'avion et du fait que les radars ne l'aient pas repéré plus tôt.

Près d'une semaine après les faits, la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines et des 239 passagers qu'il transportait reste toujours inexpliquée. L'avion, parti de Kuala Lumpur, a disparu des écrans radars vers 1h30 locale, samedi 8 mars, soit environ une heure après son décollage. Depuis, il demeure introuvable, et de nombreuses pistes ont été évoquées.

Ce vendredi, les Etats-Unis ont annoncé l'extension des recherches à l'Ouest de la Malaisie, dans l'Océan Indien, alors que les médias américains ont révélé, en citant de hauts responsables militaires, que des signaux automatiques ont été émis par l'appareil pendant plusieurs heures après sa disparition supposée. L'occasion de faire le point sur les différents types de signalement dont est équipé un avion.

> La radiotéléphonie

C'est le système de communication de base de l'avion. Il permet aux contrôleurs aériens de parler directement avec le pilote, depuis la tour de contrôle, et de lui transmettre diverses informations: conditions météo, état du trafic, ainsi que consignes et autorisations. Si ce système, qui fonctionne par fréquences, est très efficace lorsque l'avion survole des terres, il l'est moins au-dessus des mers, où se trouvent des zones non couvertes.

> Le système ACARS

ACARS pour "Aircraft Communication Addressing and Reporting System". Il s'agit d'un système de communication codée installé sur l'avion, qui envoie des messages de type télétexte à diverses stations au sol, et ce tout au long du vol. Ainsi, les tours de contrôle mais aussi les compagnies aériennes et les constructeurs de moteurs sont tenus au courant en temps réel, grâce à des satellites, de l'état de l'avion, son fonctionnement général ou d'éventuelles pannes mécaniques.

Dans le cas de la disparition du Boeing 777, ce système ACARS a été cité jeudi, lorsque le Wall Street Journal a révélé que l'avion avait continué d'émettre des signaux auprès du constructeur du moteur, en l'occurence Rolls Royce, pendant quatre heures après sa disparition supposée, laissant imaginer que le Boeing a poursuivi son vol pendant ce laps de temps. Des informations démenties par les autorités malaisiennes.

> Le radar-transpondeur

Cette installation radar permet aux contrôleurs aériens de tracer l'avion en direct sur leurs écrans de surveillance, au fur et à mesure de son avancée, en recevant des informations relatives à son identité, sa position, sa vitesse et son altitude. Un simple bouton situé dans le cockpit permet de désactiver ce système. Les contrôleurs ne sont alors plus en mesure de détecter l'avion.

Le Boeing de la Malaysia Airlines a subitement disparu des écrans radars vers 1h30 locale, samedi 9 mars, soit près d'une heure après son décollage de Kuala Lumpur. Mais vendredi, les médias américains, citant des officiels, ont indiqué que les deux systèmes de communication du Boeing auraient été coupés à 14 minutes d'écart: le premier à 1h07, le second à 1h21. Ce qui pourrait signifier qu'ils ont été coupés manuellement et non pas brutalement arrêtés à cause d'un accident ou d'une explosion de l'avion.

Par ailleurs, même si les radars de contrôle aérien civil ne captent plus l'avion, celui-ci peut rester détectable par d'autres radars, plus puissants, comme les radars militaires, qui sont capables de repérer la masse métallique de l'appareil. Ainsi, un radar militaire avait détecté un objet non identifié, samedi matin, dans le détroit de Malacca, entraînant une extension des recherches du vol MH370 dans cette zone située à l'Ouest de la Malaisie.

Adrienne Sigel