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Boeing disparu: quelles sont les pistes possibles?

Un membre de l'armée de l'air indonésienne étudie une carte des zones visées par les recherches, le 12 mars.

Un membre de l'armée de l'air indonésienne étudie une carte des zones visées par les recherches, le 12 mars. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Quels scénarios peuvent expliquer la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines? Depuis samedi, jour de sa disparition, les spéculations vont bon train sur le sort de l'avion, alors que les recherches, infructueuses, ne donnent aucun indice sur ce qu'il s'est passé après la perte du contact avec l'appareil.

Une disparition mystère et une multiplicité de scénarios. On n'a toujours aucune trace du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, disparu samedi avec 239 personnes à bord alors qu'il effectuait la liaison Kuala Lumpur-Pékin, malgré les moyens considérables mis en œuvre pour tenter de le localiser. Mercredi, des images capturées par un satellite chinois et montrant des débris flottant à la surface de la mer ont suscité de nouveaux espoirs, mais les recherches menées sur place n'ont rien donné. Dès lors, au sixième jour de disparition, la question de la plausibilité des divers scénarios se pose. BFMTV.com fait le point.

> Scénario n°1: l'avarie technique

Un avion du même modèle que le Boeing disparu.
Un avion du même modèle que le Boeing disparu. © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• Une fissure sur le même modèle d'avion. L'appareil a-t-il été victime d'un problème technique qui l'aurait fatalement entraîné vers un crash? Mercredi, l'agence américaine de l'aviation civile (FAA) a rapporté qu'une fissure de 40 centimètres avait été constatée, l'an dernier, sous le fuselage d'un Boeing 777. Soit le même modèle que l'avion disparu. Une fissure qui a pu entraîner une dépressurisation de la cabine et une perte de contrôle de l'avion. Ce constat a poussé la FAA à ordonner l'inspection de 120 Boeing 777 immatriculés aux Etats-Unis.

• Une chute rapide? Dans le cas du vol MH370, ce genre d'avarie, suivie d'une dépressurisation de la cabine, aurait pu entraîner une descente rapide de l'appareil. Hypothèse renforcée par sa disparition brutale. Par ailleurs, les autorités malaisiennes ont évoqué un possible demi-tour de l'avion juste avant la perte de contact, ce qui pourrait vouloir dire que les pilotes tentaient de résoudre un grave problème.

• Une désintégration de l'avion? Enfin, le fait que les recherches pour tenter de localiser l'épave du Boeing restent totalement infructueuses et qu'aucun débri n'ait été retrouvé à proximité du trajet prévu, ce après six jours de recherches, pose la question d'une désintégration de l'appareil en vol, après une avarie. Un phénomène déjà vu par le passé, notamment en 2002, avec le vol 611 de la China Airlines. Ce Boeing 747, qui présentait une longue fente sur son fuselage, constatée avant le décollage, s'était désintégré en plein vol, faisant 225 victimes. Là encore, l'avion avait totalement disparu des écrans radars, avant de s'écraser dans le détroit de Taïwan.

> Scénario n°2: l'acte terroriste

Les deux Iraniens ayant embarqué avec des passeports volés à bord du Boeing 777.
Les deux Iraniens ayant embarqué avec des passeports volés à bord du Boeing 777. © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• Des terroristes à bord? Privilégiée dans un premier temps, cette hypothèse s'est quelque peu éloignée au fur et à mesure de l'avancée de l'enquête. La présence de deux passagers voyageant avec des passeports volés à bord de l'appareil avait en effet éveillé les soupçons. Mais les deux hommes, deux Iraniens âgés de 29 et 18 ans (photo ci-contre), cherchaient probablement a émigrer clandestinement en Europe. Mardi, l'agence Interpol avait écarté la thèse terroriste, estimant qu'il s'agissait plus probablement, dans le cas de ces deux hommes, d'un "trafic d'être humains".
• Des revendications? La CIA, l'agence centrale de renseignement américaine, s'est toutefois démarquée de cette ligne, en maintenant plausible la thèse de l'attentat. Le patron de l'agence, John Brennan, avait indiqué que des informations faisant état de revendications avaient circulé après la disparition du Boeing, en insistant sur le fait qu'elles n'avaient pas été confirmées. Aucune revendication publique d'un éventuel attentat n'a en tout cas été formulée.

• Une explosion à bord? Là encore, le fait que l'avion ait subitement disparu sans adresser de message de détresse, alors qu'il volait à une altitude de croisière -35.000 pieds- et que les contacts radio se sont brutalement interrompus, peut laisser imaginer une déflagration subite.

> Scénario n°3: le détournement

• Des données pendant 5 heures. C'est la dernière hypothèse en date. Selon le Wall Street Journal, le Boeing pourrait avoir continué à voler pendant plusieurs heures après son dernier contact, enregistré une heure après son décollage de Kuala Lumpur. Le journal, qui cite des enquêteurs américains, explique que les données dites "ACARS" (pour "Aircraft Communication Addressing and Reporting System"), envoyées automatiquement par les moteurs à leur constructeur (en l'occurrence, ici, Rolls Royce), ont continué à émettre pendant quatre heures après la disparition supposée de l'appareil. Autrement dit, alors que tous les systèmes radios ne répondaient plus, ce système de transmission automatique continuait à fonctionner.

Le cockpit d'un avion. (photo d'illustration)
Le cockpit d'un avion. (photo d'illustration) © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

• Les systèmes radio volontairement coupés? Ces révélations de la presse américaine, bien que démenties par les autorités malaisiennes, pourraient relancer l'hypothèse d'un détournement de l'avion par un membre d'équipage ou un passager, qui aurait pris soin de couper ou de détruire tous les systèmes de communication de l'avion. "Les responsables américains du contre-terrorisme explorent la piste selon laquelle un pilote ou quelqu'un à bord a pu le détourner vers une destination secrète, après avoir intentionnellement coupé les transpondeurs afin d'éviter toute détection radar", écrit ainsi le Wall Street Journal.

• Eloignement. Dans l'hypothèse où l'avion aurait effectivement continué à voler pendant quatre heures, la zone des recherches serait, par conséquent, très fortement étendue. L'avion pourrait aussi bien se trouver au milieu de l'Océan Indien, qu'au nord de l'Inde ou aux Philippines, ce qui pourrait expliquer l'absence de traces du Boeing dans les zones ciblées par les recherches jusqu'à ce jour.

Adrienne Sigel