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Les 100 premiers jours de Trump en 7 mesures emblématiques

L'heure du premier bilan a sonné pour Donald Trump. Cent jours après son investiture, retour sur les principales mesures prises par le président américain.

Pendant sa campagne, Donald Trump n’avait qu’une expression à la bouche: "Make America great again", et ce de préférence avant d’avoir passé 100 jours à la Maison Blanche. Il en avait même fait une feuille de route, même s’il a depuis déclaré sur Twitter que cette étape était "ridicule". Un cap qu'il franchit ce samedi, l'occasion de dresser un premier bilan.

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher au président américain, c’est de ne pas se tourner les pouces. Il a lancé son mandat sur les chapeaux de roues, prenant plusieurs mesures fortes dès la première semaine.

Premier décret contre l'avortement

Son tout premier décret, dès le 23 janvier, soit deux jours après son intronisation, interdit le financement d’ONG internationales soutenant le l’avortement. Cette mesure, prise le lendemain de l’anniversaire de "Roe v. Wade", l’arrêt ayant légalisé l’avortement en 1973 aux Etats-Unis, a particulièrement agacé sur les réseaux sociaux. Donald Trump apparaît en effet dans le Bureau ovale, entouré uniquement d’hommes pour signer le texte.

En avant les oléoducs

Le 24 janvier, Donald Trump réactive la construction de deux oléoducs: le Keystone XL, reliant le Canada aux Etats-Unis, et le Dakota Access Pipeline. Les deux projets avaient été bloqués par Barack Obama au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Les Indiens Lakotas de Standing Rock avaient protesté pendant des mois contre l’oléoduc dans le Dakota, avant d’être évacués fin février.

Un mur avec le Mexique

  • Le lendemain, le président américain signe le décret posant les premières mesures pour la construction d’un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Les modalités pratiques sont toutefois encore en cours de discussion, notamment sur qui devra payer pour ce mur, et aucune pierre n’a été posée.

Tollé sur le "travel ban"

C’est sans doute la mesure la plus emblématique des premiers jours de Donald Trump. Le 27 janvier, le président des Etats-Unis suspend par décret le programme américain d’admission des réfugiés, qui a permis d’accueillir environ 2,5 millions de personnes depuis 1980.

Dans un décret intitulé "Protéger la nation contre l’entrée des terroristes étrangers aux Etats-Unis", il prévoit l’arrêt du programme pendant quatre mois, et le gel pour trois de l’entrée de ressortissants d’Irak, d’Iran, de Lybie, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen. Les réfugiés syriens sont définitivement interdits d’entrée sur le territoire.

Adieu le Clean Power Plan

Le 28 mars, Donald Trump signe le "décret sur l’indépendance énergétique" qui ordonne de réexaminer le "Clean Power Plan" d’Obama, déjà bloqué par la justice. Ce dernier imposait aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2 de 32% par rapport à 2005, et ce d’ici 2030.

Selon la Maison Blanche, le décret signé par Trump permettra de "favoriser la croissance économique et les créations d’emplois" et contribuera à s’assurer d'une énergie soit "abordable et propre".

Malgré ses prises de position répétées contre les mesures environnementales d'Obama, et la nomination en décembre dernier du climatosceptique Scott Pruitt à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), le président américain ne semble pourtant plus vouloir sortir de l’accord de Paris sur le climat adopté lors de la COP21.

La fin de la neutralité du net ?

Ce n’est cette fois-ci par un décret mais une nomination qui promet une grande réforme sous l’administration Trump. Nommé le 25 janvier à la tête de la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des télécoms, Ajit Pai veut s’attaquer à la neutralité du net.

Ce principe garantit une égalité de traitement pour l’accès technique à Internet, empêchant par exemple les fournisseurs d’accès de faire payer plus pour un meilleur débit, ou en fonction des services demandés.

Mercredi 26 avril, Ajit Pai a annoncé qu’il soumettrait courant mai une proposition visant à complètement revoir les règles existantes sur le sujet.

Une dent contre l’environnement

Une loi signée par Donald Trump autorise depuis le 10 avril les chasseurs en Alaska à tuer loups et ours polaires directement dans leur tanière, et ce même s’ils hibernent ou si ce ne sont encore que des bébés.

"Il ne s’agit pas des petits ours polaires mignons qu’on voit à la télévision (…), mais du droit de l’Etat à gérer ses ours et ses poissons. Ce n’est pas au gouvernement fédéral de décider", a défendu le représentant de l’Alaska au Congrès.

L’administration Obama avait pourtant protégé ces animaux avec l’Alaska National Wildlife Refuges Rule.

Cent jours après son intronisation, Donald Trump semble donc avoir excédé ses espérances pour ce début de mandat. Il a pourtant confié à Reuters que son ancienne vie "lui manquait" et qu’il s’attendait à ce que ce soit "plus facile". Il devra pourtant faire plus d’efforts pour convaincre ses électeurs, plusieurs sondages américains publiés le week-end dernier le présentant comme le président le plus impopulaire de l’histoire moderne des Etats-Unis.
Liv Audigane