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Trump va signer un décret permettant la construction du mur à la frontière mexicaine

Donald Trump dans le Bureau ovale, le 24 janvier 2017.

Donald Trump dans le Bureau ovale, le 24 janvier 2017. - Saul Loeb - AFP

Il l'a martelé tout au long de sa campagne: pour lutter contre l'immigration clandestine, Donald Trump ferait construire un mur à la frontière américano-mexicaine. Désormais installé à la Maison Blanche, le républicain a signé le texte prenant les premières mesures permettant de le bâtir.

Donald Trump avait fait de son projet de mur à la frontière avec le Mexique le fil rouge de sa campagne. Il l'a, par une simple signature, concrétisé. Comme il le fait depuis lundi, le président américain a signé dans une nouvelle série de décrets, celui qui pose les premières mesures permettant la construction de ce mur, sujet de discorde avec Mexico. 

"Nous allons construire le mur!"

Cinq jours seulement après sa prise de fonctions, le milliardaire s'est rendu dans l'après-midi au ministère de la Sécurité intérieure pour mettre en oeuvre une série de mesures de restriction de l'immigration. Il l'avait d'ailleurs lui-même indiqué sur Twitter, à grand renfort de majuscules.

"Grand jour prévu demain sur la SECURITE NATIONALE. Parmi beaucoup d'autres choses, nous allons construire le mur!", a ainsi twitté Donald Trump mardi soir, sur cette question hautement polémique qui a été l'un de ses grands sujets de sa campagne électorale.

Pendant sa campagne, Donald Trump s'était engagé à expulser les clandestins délinquants des Etats-Unis et à ériger un mur à la frontière de 3.200 km, poreuse, entre les Etats-Unis et le Mexique, menaçant de le faire financer en ponctionnant les 25 milliards de dollars que les migrants mexicains envoient chaque année à leur famille.

Ligne rouge

Des experts ont émis de sérieux doutes sur l'efficacité, le coût exorbitant et les risques d'avalanches de procédures légales d'une telle mesure. Même le ministre de la Sécurité intérieure, l'ancien général John Kelly, a indiqué, lors de sa récente audition en vue de son investiture, que le mur frontalier "pourrait ne pas être construit de sitôt". 

Le Mexique a pour sa part dessiné les lignes rouges à ne pas franchir lors de ses discussions avec l'administration Trump, qui débutent ce mercredi à Washington et ne s'annoncent pas sous les meilleurs auspices. Mexico a en effet menacé de quitter la table des négociations et de rompre l'accord de libre-échange Aléna (USA, Canada et Mexique) que Donald Trump souhaite renégocier.

"Il y a des lignes rouges très claires qui doivent être dessinées dès le début", a averti mardi le ministre mexicain de l'Economie Ildefonso Guajardo, avant une rencontre avec les responsables américains, mercredi et jeudi, au côté du ministre mexicain des Affaires Etrangères, Luis Videgaray.

A la question de savoir si la délégation mexicaine quitterait les discussions si le sujet du mur et des envois de fonds des migrants mexicains étaient mis sur la table, Ildefonso Guajardo a répondu sur la chaîne Televisa: "Absolument."

Restriction de l'accès aux Etats-Unis

Outre le fameux mur, ces décrets devraient limiter l'immigration et l'accès aux Etats-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visas en provenance d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen, selon le Washington Post.

Donald Trump a également promis de supprimer le programme "DACA", mis en place par son prédécesseur Barack Obama en 2012 et qui a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés mineurs sur le territoire d'obtenir des permis de séjour et de travail.

Adrienne Sigel, avec AFP