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Ces mesures prises par Trump pour ses premiers jours à la Maison Blanche

Le président américain Donald Trump signe des décrets entouré de son vice-président Mike Pence, le 23 janvier 2017, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.

Le président américain Donald Trump signe des décrets entouré de son vice-président Mike Pence, le 23 janvier 2017, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. - Saul Loeb - AFP

Il avait promis d'agir vite, et semble résolu à tenir sa parole. Trois jours seulement après son investiture, Donald Trump a déjà pris une série de mesures emblématiques, par décrets.

Une série de décrets signés sous l'oeil des photographes. Lundi, trois jours seulement après son intronisation à la tête des Etats-Unis, Donald Trump s'est installé dans le Bureau ovale de la Maison Blanche pour prendre ses premières décisions de chef d'Etat. Et pas des moindres. En signant notamment des mesures contre le traité transpacifique (TPP) ou contre l'avortement, le milliardaire, visiblement peu enclin à prendre en compte la démonstration de force des Américains dans la rue samedi, montre qu'il est déterminé à mettre en oeuvre sa politique sans perdre de temps, et à marquer un contraste net avec l'administration Obama. Le point sur les premiers actes concrets de l'ère Trump, qui donnent le ton des quatre ans à venir. 

> La sortie du traité transpacifique

Comme annoncé durant sa campagne, Donald Trump a entamé sa présidence en signant l'acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique, dont l'administration de Barack Obama avait fait l'une de ses priorités. 

Vu comme un contrepoids à l'influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d'âpres négociations par 12 pays d'Asie-Pacifique représentant 40% de l'économie mondiale. Mais le texte, qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières, n'était pas encore entré en vigueur, en l'absence de ratification par le Congrès américain. Qualifié d'accord "terrible" qui "viole" les intérêts des travailleurs américains, le TPP est donc désormais enterré.

Et par cette mesure forte, le président républicain montre qu'il entend redessiner les contours des accords commerciaux, certains anciens, liant les Etats-Unis au reste du monde. Il a ainsi annoncé dimanche qu'il allait commencer à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec les dirigeants du Canada et du Mexique qu'il doit voir prochainement.

> Une première mesure anti-avortement

L'IVG était dans la ligne de mire de Donald Trump tout au long de sa campagne, et ce dernier ne perd pas de temps pour passer à l'action. Lundi, deux jours après l'impressionnante démonstration de centaines de milliers de femmes américaines dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis, le nouveau président a signé un décret interdisant le financement d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement, 

Outre ce pied de nez aux manifestantes qui défendaient leurs droits, Donald Trump n'a pas choisi la date au hasard: cette mesure est intervenue au lendemain du 44e anniversaire de "Roe V. Wade", l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973 aux Etats-Unis. 

"Les femmes les plus vulnérables dans le monde vont souffrir de cette politique, qui va saper des années d'efforts en faveur de la santé des femmes", a réagi Cecile Richards, la présidente de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial des Etats-Unis. Le décret signé par Donald Trump "représente une agression à l'encontre de la santé des femmes", a de son côté jugé l'ACLU, la grande association américaine de défense des libertés. A l'opposé, les associations "Pro Life", qui militent contre l'avortement, ont félicité Donald Trump pour son initiative. 

> Le gel des embauches dans l'administration

Autre mesure prise lundi par décret par Donald Trump: le gel des embauches au niveau fédéral, excepté pour l'armée. Le républicain avait fait du gel des embauches une grande promesse de campagne, tout en assurant que les secteurs de la santé, de la sécurité publique et l'armée seraient épargnés.

Ce gel "prend le contrepied de la progression spectaculaire du nombre d'employés fédéraux ces dernières années", a déclaré le nouveau porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer. Le décret, qui ne s'applique pas au personnel militaire, "empêche notamment de remplacer les postes vacants et de créer de nouveaux postes sauf quand ils sont nécessaires pour satisfaire aux responsabilités concernant la sécurité nationale ou publique", a-t-il ajouté en conférence de presse.

En gelant les embauches fédérales, Donald Trump "a fait un premier pas déterminant vers le contrôle de la bureaucratie à Washington. Nous avons hâte de travailler avec le président pour renforcer ces actions et offrir des résultats au peuple", a salué Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants. "Le président Trump ne perd pas de temps pour mettre en oeuvre ses promesses", a-t-il également commenté sur Twitter.

> La relance du projet d'oléoduc Keystone

Donald Trump ne s'est pas arrêté là. Mardi, il a signé une nouvelle série de décrets parmi lesquels un texte relançant le projet du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux Etats-Unis, continuant ainsi de détricoter méthodiquement le bilan de son prédécesseur démocrate, comme il avait promis de le faire pendant sa campagne. La construction de cet oléoduc avait été en effet été bloquée par Barack Obama au nom de la lutte contre le changement climatique.

Donald Trump a également approuvé un décret ouvrant la voie à la construction d'un autre oléoduc controversé, porté par la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord.

Le camp républicain a salué l'annonce avec enthousiasme, mais défenseurs de l'environnement et élus démocrates ont dénoncé à l'unisson une initiative prise au mépris des enjeux climatiques.

Adrienne Sigel, avec AFP