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Les appels à la destitution de Donald Trump se multiplient

Le président américain Donald Trump dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, le 16 mai 2017

Le président américain Donald Trump dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, le 16 mai 2017 - Olivier Douliery / AFP

Après avoir limogé le directeur du FBI et livré des informations confidentielles au chef de la diplomatie russe, Donald Trump est désormais soupçonné d’avoir tenté de mettre fin à une enquête fédérale sur l'un de ses conseillers. Face à ces accusations, les appels à la destitution se multiplient.

Un vent de tempête souffle sur la Maison Blanche. Soupçonné d'avoir livré des informations confidentielles à la Russie et d'avoir tenté de mettre un terme à une enquête du FBI sur l'un de ses conseillers, Donald Trump est pris dans un tourbillon dont nul ne connaît l'issue.

Face à ces accusations successives, certains membres de l'opposition démocrate, à l'instar d'Al Green et de Maxine Waters, réclament désormais la destitution du président américain. Une procédure nommée "impeachment", rendue possible par la Constitution américaine, en cas de "mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs".

Des entraves à la justice répétées

Leur argument: les multiples tentatives d'obstruction de la justice menées par le locataire de la Maison Blanche, et notamment la récente éviction du directeur du FBI, qu'ils assimilent à une tentative de Donald Trump d'entraver l'enquête du FBI sur une éventuelle coordination entre son équipe de campagne et la Russie.

Selon le constitutionnaliste américain Laurence Tribe, il existe suffisamment d'éléments, depuis le début du mandat, pour lancer une procédure de destitution. "Le pays est confronté à un président dont le comportement suggère fortement qu'il pose un danger pour notre système de gouvernement", a-t-il écrit le week-end dernier dans une tribune au Washington Post.

L'ombre de Richard Nixon

Trois présidents ont fait l'objet, dans l'histoire politique des Etats-Unis, d'une procédure d'impeachment: Andrew Johnson en 1868, Richard Nixon en 1974 et Bill Clinton en 1998. La situation actuelle de Donald Trump n'est pas sans rappeler la crise traversée par l'administration Nixon dans les années 1970. Le 37e président des Etats-Unis avait en effet décidé de révoquer le procureur spécial en charge de l'enquête sur le scandale du Watergate. Il avait finalement démissionné, avant que le Congrès ne se prononce sur sa destitution.

Dans le cas de Donald Trump, malgré la vive contestation qui s'élève dans le pays, il paraît peu probable, en tout cas pour le moment, qu'une procédure d'impeachment n'aboutisse. Cette dernière comporte en effet deux étapes: l'impeachment à proprement parler, qui doit être voté par la Chambre des représentants à la majorité simple, et le jugement du Sénat qui peut décider de la destitution du président. Or les deux chambres sont aujourd'hui contrôlées par les Républicains.

Mélanie Rostagnat