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Trump accusé d'avoir demandé au FBI de classer une affaire

L'ancien directeur du FBI, James Comey, le 3 mai 2017

L'ancien directeur du FBI, James Comey, le 3 mai 2017 - JIM WATSON / AFP

D'après le New York Times, Donald Trump aurait demandé en février à James Comey, alors directeur du FBI, de mettre un terme à l'enquête sur les contacts russes de son ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn.

Accusé d'avoir livré des informations hautement confidentielles à la Russie mercredi dernier, le président américain se retrouve encore cette semaine dans une posture délicate. Donald Trump est en effet soupçonné d'avoir tenté de mettre fin à une enquête du FBI, d'après les révélations du New York Times.

Le 14 février dernier, dans l'enceinte du bureau Ovale, Donald Trump aurait en effet demandé à James Comey, alors directeur du FBI, de "laisser tomber" une enquête sur Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale. Ce dernier a été poussé à la démission le 13 février pour avoir omis de révéler des contacts répétés avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis l’an dernier, dont certains auraient porté sur des sanctions américaines contre Moscou.

Pour étayer ces révélations, le quotidien s’appuie sur une note que l’ex-patron du FBI a rédigée immédiatement après leur entrevue. "C'est quelqu'un de bien. J'espère que vous pourrez laisser tomber et laisser Flynn tranquille", aurait ainsi affirmé Donald Trump.

La Maison Blanche dément

La Maison Blanche a catégoriquement contesté cette version des faits, qui pourrait constituer une possible obstruction à la justice, affirmant que le président n'avait "jamais demandé à James Comey ou qui que ce soit d'autre de clore aucune enquête".

"Ce n'est pas un récit fidèle (...) de la conversation entre le président et Monsieur Comey", a indiqué un responsable de l'administration sous couvert d'anonymat.

"L'histoire nous regarde"

Les réactions ont fusé au Congrès où la pression monte depuis quelques jours pour que l'ancien directeur du FBI, limogé avec fracas la semaine dernière par le président américain, vienne livrer sa version des faits. Le chef de file de l'opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, s'est déclaré "secoué" par ces dernières révélations.

"C'est un test sans précédent pour le pays. Je le dis à tous mes collègues du sénat: l'histoire nous regarde", a-t-il lancé sur un ton grave depuis l'hémicycle.

"C’est une des plus graves accusations qu’on puisse porter contre un dirigeant", a renchéri le sénateur démocrate Dick Durbin. Le républicain Richard Burr, président de la commission sénatoriale du renseignement, s’est quant à lui montré nettement plus circonspect. "Je pense que le directeur [Comey] nous aurait peut-être informés s’il y avait eu une demande de cette nature", a-t-il affirmé, jugeant qu’il faudrait "plus que des sources anonymes" pour le convaincre.

Mélanie Rostagnat avec AFP