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États-Unis: piégé par l'humoriste Sacha Baron Cohen, un élu local démissionne

L'humoriste britannique est réputé pour ses personnages satiriques et loufoques

L'humoriste britannique est réputé pour ses personnages satiriques et loufoques - JEAN-BAPTISTE LACROIX / AFP

Sous prétexte d'un faux cours de défense contre une attaque terroriste, il avait entre autre clamé des insultes racistes et s'était dénudé face à la caméra.

Un élu de l'Etat de Géorgie, dans le sud des Etats-Unis, a annoncé sa démission après avoir proféré des insultes racistes dans la nouvelle série télévisée satirique de l'humoriste britannique Sacha Baron Cohen. Le parlementaire est la première réelle victime politique du réalisateur de "Borat", qui dénonce dans sa série de sept épisodes "Who is America ?" (Qui est l'Amérique ?) diffusée sur le réseau Showtime.

Jason Spencer était sous le feu des critiques depuis la diffusion dimanche du deuxième épisode, où il apparaît aux côtés de Sacha Baron Cohen grimé en faux expert israélien de la lutte anti-terroriste qui lui apprend les gestes "essentiels" pour se sortir d'une prise d'otage.

Dans une séquence d'anthologie, il profère des insultes racistes pour impressionner un preneur d'otage, et se déshabille pour repousser fesses nues un "terroriste islamiste", une technique destinée à faire fuir l'assaillant censé avoir peur de devenir homosexuel.

Il refusait de démissionner suite au scandale

La séquence de cinq minutes a provoqué un tollé en Géorgie et les appels à la démission de Jason Spencer se sont multipliés, même si le responsable républicain devait quitter son siège après les élections parlementaires de novembre.

Dans un premier temps, il avait refusé de démissionner tout en s'excusant pour son attitude face à l'humoriste, avant d'annoncer qu'il allait rendre son mandat le 31 juillet, comme l'indique le quotidien Journal-Constitution d'Atlanta citant un courriel envoyé tard mardi soir au président de l'Assemblée de l'Etat.

"Sacha Baron Cohen et ses associés ont pris avantage de ma peur panique que ma famille soit attaquée", avait-il dit. Il avait soutenu en 2016 une proposition de loi "anti-masque", finalement rejetée, qui interdisait notamment le port de la burqa ou du niqab en public.

Le comédien n'en était pas à son coup d'essai

Plusieurs responsables politiques victimes d'un canular de l'humoriste, comme l'ancienne candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis Sarah Palin, ont dénoncé ses méthodes.

Dans le premier épisode, le faux expert israélien Erran Morad a notamment réussi à faire enregistrer à deux parlementaires républicains un message soutenant son faux programme "Kinder-guardians" de formation des enfants de maternelle aux maniement des armes à feu.

L.D., avec AFP