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Des centaines de manifestants pour accueillir Trump à El Paso et Dayton

La Maison Blanche s'est assurée que le président américain ne croise pas le chemin des personnes venues protester contre sa venue et réclamer un meilleur contrôle des armes à feu.

Donald Trump n'était pas le bienvenu mercredi lors de ses visites à Dayton, dans l'Ohio, et El Paso, au Texas, lieux des fusillades ayant fait un total de 31 morts le week-end dernier aux États-Unis. Des centaines de manifestants étaient en effet présents pour protester contre la venue du président américain et réclamer un meilleur contrôle des armes à feu.

À El Paso, où il a visité un hôpital, des centaines de manifestants l'attendaient dans un parc en brandissant des panneaux barrés des mentions: "Vos mots ont des conséquences", "Make racists afraid again" ("Faire à nouveau peur aux racistes", détournement de son slogan de campagne Make America Great Again) ou "C'était du terrorisme inspiré par Trump". 

Dans cette ville à majorité hispanique, l'ex-magnat de l'immobilier est vivement critiqué, lui qui pourfend régulièrement "l'invasion" des migrants venus d'Amérique centrale. Il a d'ailleurs été pointé du doigt parce que le tireur d'El Paso avait dénoncé une "invasion hispanique" dans un manifeste mis en ligne avant son passage à l'acte. Des manifestants en colère avaient aussi critiqué sa venue à Dayton, réclamant des contrôles renforcés sur les ventes d'armes à feu.

Une communication cadenassée

Mais les services de sécurité et de communication de la Maison Blanche, qui s'attendaient à de telles protestations lors de la venue de Donald Trump, se sont arrangés pour que le chef d'État américain ne croise pas la route des manifestants, dans l'Ohio comme au Texas. La presse n'a de plus pas été autorisée à le suivre.

À Dayton, Donald Trump s'est rendu au chevet de blessés et a remercié les premiers secours, mais il s'est gardé d'aller sur les lieux du drame, un quartier animé de bars et de restaurants. 

Le président américain n'a cependant pas complètement échappé à l'indignation des manifestants puisque des centaines de personnes s'étaient réunies près de l'hôpital où il s'est rendu, déployant le fameux ballon "Baby Trump", personnage gonflable représentant un bébé colérique à l'effigie de Trump.

Les manifestants ont brandi des panneaux l'exhortant de "s'opposer à la NRA", le puissant lobby des armes qui bloque toute tentative de réguler le marché des armes à feu, et d'interdire les fusils d'assaut.

"À Dayton comme à El Paso, certains élus locaux ont refusé de le rencontrer, et plusieurs ont dénoncé sa responsabilité dans la montée de l'intolérance et son immobilisme en matière de contrôle des armes", ajoute le correspondant de BFMTV à Washington Jean-Bernard Cadier.

Avant de quitter la Maison Blanche, Donald Trump avait assuré qu'il y avait "peu d'appétit" politique à Washington pour interdire ce type d'armes, impliquées dans les fusillades du week-end. Il s'était en revanche dit favorable à une évolution législative pour empêcher les personnes ayant des troubles mentaux de posséder une arme à feu.

Trump attaqué par les démocrates

Le président américain a également réaffirmé que les récentes tueries n'avaient "rien à voir avec lui" et que ceux qui l'accusaient d'attiser la haine raciale aux États-Unis cherchaient à "tirer un profit politique" de leurs critiques.

"Depuis les fusillades du week-end dernier, les démocrates ont parfaitement compris que Donald Trump était en difficulté et qu'il y avait une fenêtre pour la présidentielle. Joe Biden, en tête des sondages chez les démocrates, a prononcé hier un discours au canon, contre Donald Trump "accusé d'attiser les flammes du suprémacisme blanc", explique Jean-Bernard Cadier.

Avant de monter dans l'avion ce mercredi, Donald Trump avait lancé un appel au rassemblement et à la modération en cette journée d'hommage aux victimes. Mais une fois dans son jet, le président a tweeté des critiques acerbes contre l'opposition.

Juliette Mitoyen avec AFP