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Une mère reproche aux gilets jaunes d'instrumentaliser la mort de son fils

Thibault est mort accidentellement le 2 décembre dernier à Arles, allant s'encastrer dans un camion aux feux éteints et bloqué par un barrage des gilets jaunes. Après avoir découvert une vidéo d'une manifestation parisienne où cette mort était mentionnée sur une pancarte de manifestant, sa mère, Nadia Bègue, a confié sa colère à BFMTV.

La scène se passe le 19 janvier à Paris. Des gilets jaunes entendent rendre hommage à "leurs" morts en brandissant des pancartes découpées en forme de cercueil sur lesquelles on pouvait lire la date et le lieu du drame.

Nadia Bègue a eu la surprise, en découvrant une vidéo sur Internet, de voir sur l'un de ces panneaux la mention de la mort de son fils, le 2 décembre dernier. Comme elle l'explique à BFMTV, elle refuse catégoriquement ce qu'elle tient pour une instrumentalisation de sa mort.. Il faut dire que le déroulé des faits raconte une autre histoire que celle des écriteaux des manifestants. 

"C'est un manque de respect total" 

Le 2 décembre dernier, à Arles, Thibault, 27 ans, intérimaire, cumulant deux emplois, rentre du travail. C'est la nuit et, parvenu à un rond-point, il vient s'encastrer dans un camion tous feux éteints, bloqué là par un barrage des gilets jaunes. Le jeune père d'un enfant de trois ans est mort consécutivement au choc. "Mon fils n’est pas mort des violences policières mais des conséquences de leur barrage", observe Nadia Bègue devant nos caméras.

"Je ne peux pas accepter qu’ils utilisent la mort de mon fils pour cautionner leur mouvement, se l’approprier comme ça et s’en servir comme d’un étendard. J’ai trouvé ça injurieux pour mon fils. C’est un manque de respect total dans la façon dont ça a été fait", poursuit-elle. 

Son autre fils, Rémi, va plus loin: "Ça ne marche pas comme ça. Les gilets jaunes ont tué mon frère. Les gilets jaunes laissent mon frère tranquille à partir de maintenant". Nadia Bègue, quant à elle, glisse plutôt: "On leur demande d’arrêter de parler pour tout le monde. Il ne parle ni pour moi, ni pour mon fils."

Martin Cangelosi et Jean-Vincent Molinier avec Robin Verner