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Mobilisation en baisse, sondages défavorables: les gilets jaunes à un tournant?

Le mouvement des gilets jaunes rassemble de moins en moins

Le mouvement des gilets jaunes rassemble de moins en moins - NICOLAS TUCAT / AFP

Exceptionnellement, les gilets jaunes manifestent ce dimanche, date anniversaire des trois mois du mouvement. Si les actions se poursuivent, elles rassemblent de moins en moins et ne sont plus soutenues par une majorité de Français, qui souhaitent désormais la fin des mobilisations.

Depuis le début du mouvement, les gilets jaunes bénéficiaient d'un fort soutien de l’opinion publique. Mais pour la première fois depuis le 17 novembre, ce soutien semble s’éroder. Des données à mettre en regard avec l'affaiblissement constant du nombre de participants dans les manifestations, et la prise de distances opérée par certaines figures initiales du mouvement. 

Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour le JDD et publié ce dimanche, 52% des Français estiment que que les gilets jaunes doivent maintenant "cesser leur mouvement et leurs actions". Ils étaient 37% à penser la même chose un mois plus tôt.

Un précédent sondage réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV, révélait mercredi que 56% des Français voulaient que le mouvement s’arrête. Dans le détail, le sondage publié ce dimanche par le JDD nous apprend que ceux qui souhaitent le plus que le mouvement continue sont les sympathisants de La France insoumise (69%) et ceux du Rassemblement national (72%). Ils sont aussi majoritaires (62%) chez les ouvriers.

Une mobilisation qui baisse, quelque soit les chiffres

Des chiffres qui pourraient trouver une traduction concrète à mesure que les samedis de manifestation s’achèvent. Pour ce quatorzième jour de mobilisation, selon le ministère de l’Intérieur, les gilets jaunes étaient 41.500 partout en France, dont 5000 à Paris. Ils étaient environ 10.000 de moins que la semaine précédente, avec 51.400 personnes présentes sur tout le territoire, dont 4000 dans la capitale. Avant cela, le 1er février, pour le douzième samedi de mobilisation, les gilets jaunes étaient un peu plus de 60.000 à manifester en France.

Ces chiffres sont généralement contestés par les gilets jaunes eux-mêmes, qui utilisent un groupe Facebook intitulé "le Nombre jaune", pour recenser les manifestants. Ce samedi, à 18 heures, ils comptaient 101.379 manifestants "sur 148 localités recensées". Mais même si l'on s’en tient à ce décompte non officiel, il apparaît que de samedi en samedi, le nombre de manifestants est en baisse. À titre de comparaison, "le Nombre jaune" comptait 118.222 manifestants samedi dernier, pour la treizième journée de mobilisation, contre 123.151 le samedi 26 janvier.

"Il ne faut pas bloquer pour bloquer"

Plusieurs figures de proue des gilets jaunes ont par ailleurs décidé de prendre leurs distances avec le mouvement. C’est notamment le cas de Jacline Mouraud, qui a créé récemment son parti politique, "Les émergents". Cette dernière a récemment estimé que le mouvement était "noyauté par l'ultradroite et l'ultragauche".

La Bretonne, devenue célèbre en postant des vidéos sur Facebook, a expliqué à FranceInfo avoir arrêté de manifester "à partir du moment où il fallait partir dans la construction. L'avenir, c'est partir dans une construction politique. Sinon ça va donner quoi? Une guerre civile?", a-t-elle déclaré.

Ce dimanche, c’est au tour de Priscillia Ludosky, autre figure du mouvement, de déclarer dans une interview au JDD qu''il ne faut pas bloquer pour bloquer". Sur la question de l'affaiblissement de la mobilisation, Priscillia Ludosky dit n'avoir "jamais fait attention aux sondages, bons ou mauvais".

"Je ne constate pas de démobilisation. Il y a peut-être moins de gens qui manifestent, mais je ne pense pas qu'ils soient moins impliqués", indique-t-elle au JDD.

"Je reste favorable aux manifestations du samedi, mais on ne doit pas se limiter à ça. D’autres initiatives peuvent avoir lieu", rajoute cette manifestante de la première heure, qui en profite pour déplorer les violences qui gangrènent le mouvement depuis plusieurs semaines.

Valentine Arama