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Sofitel: DSK pensait que "tout lui était permis", confie son ami Jean Frydman

L'ancien résistant Jean Frydman, ami très proche de DSK, se souvient des confidences de l'ancien patron du FMI, alors embourbé en plein scandale du Sofitel. Pour la première fois à la télévision, il évoque cet événement. Révélations.

"Je n'ai pas d'explication parce qu'il n'y a pas d'explication." Jean Frydman, aujourd'hui âgé de 80 ans, est l'un des premiers, avec sa femme, à avoir soutenu Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à New York, au moment où éclate le scandale du Sofitel, et les accusations de viol à l'encontre de Nafissatou Diallo, en 2011. Une affaire aux conséquences colossales, que l'ancien résistant peine encore à expliquer, aujourd'hui.

Interrogé par BFMTV, ce proche de DSK s'exprime, pour la première fois à la télévision, sur les confidences que lui avaient faites l'un des hommes les plus puissants de la planète, alors plongé en pleine tourmente. Un homme à qui l'Elysée semblait promise, mais qui s'est visiblement cru "permis" de tout faire. Révélations. 

"Une bêtise extraordinaire" 

"Ma question était celle-ci: explique moi comment ce jour-là où tu te prépares à prendre l'avion, tu es toujours le patron du FMI, comment as-tu pu faire une bêtise pareille? Explique-moi ça." La réponse de l'ancien ministre et favori à l'élection présidentielle ne se fait pas attendre.

"Je n'ai qu'une seule réponse honnête à te dire: j'ai traversé une période où je croyais que tout m'étais permis", lui a ainsi répondu DSK.

L'ancien directeur d'Europe 1 a tenu aujourd'hui à revenir sur cette événement pour en livrer sa version. Selon lui, "c'est une histoire qui n'a pas de précédent". Jean Frydman avance l'hypothèse que le pouvoir dont disposait à l'époque Dominique Strauss-Kahn lui aurait fait perdre les pédales. 

"Voilà un homme qui est l'un des plus puissants du monde, qui le lendemain va proposer sa candidature de Président de la République qu'il est certain de gagner, et il fait une bêtise extraordinaire" estime celui qui a également été l'ancien patron de la chaîne TMC. Il rejette par ailleurs la culpabilité de son ami, estimant qu'il "est incapable de violence".

"Il a perdu le contact avec la réalité"

"Il a comme tous les gens qui ont un pouvoir énorme, il a perdu le contact avec la réalité" affirme encore le journaliste. Avant de développer la théorie d'un piège tendu à l'ex-patron du FMI.

"Je crois qu'il y a eu un piège, pas un complot, des gens qui ont voulu faire du zèle et qui ont vu l'occasion de tendre un piège parce qu'il était dans leur hôtel et qu'il y avait des bonnes femmes et qui étaient prêtes à accepter tout."

DSK? "Un homme fini"

Jean Frydman raconte enfin qu'il n'a pas eu de nouvelles de son ami depuis plus de six mois, mais ne se fait aucune illusion sur son avenir. "C'est fini pour lui. Je ne sais pas s'il en est conscient."

Pour rappel, Dominique Strauss-Kahn avait mis fin à l'affaire du Sofitel en passant un accord à l'amiable avec Nafissatou Diallo qui avait abandonné les charges en échange d'une somme d'argent dont le montant est resté secret. L'ancien ministre avait plus tard été mis en cause par Tristane Banon en 2011, puis par plusieurs prostituées dans l'affaire dite "du Carlton" de Lille, en 2012.

P. A. & Jé. M.