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L'avocat du cardinal Barbarin appelle "Manuel Valls à modérer ses propos"

Me André Soulier, l'avocat du cardinal Barbarin.

Me André Soulier, l'avocat du cardinal Barbarin. - BFMTV

Me André Soulier s'est montré scandalisé que le Premier ministre appelle le cardinal Barbarin à "prendre ses responsabilités", alors que plusieurs victimes de prêtres pédophiles l'accusent d'avoir gardé le silence à l'époque.

Le cardinal de Lyon, Philippe Barbarin, se retrouve mardi en pleine tempête dans l'affaire de pédophilie qui secoue l'Eglise de France, avec la révélation d'une nouvelle plainte d'une victime contre lui pour "mise en danger de la vie d'autrui", et un appel de Manuel Valls à "prendre ses responsabilités". Son avocat, Me André Soulier, a laissé éclater sa colère peu après sur BFMTV.

"N'a-t-il pas autre chose à faire qu'à se prononcer sur un dossier qu'il ne connaît pas, puisque les magistrats ne communiquent pas les éléments de procédure? Je suis stupéfait, et je conseillerais au Premier ministre de modérer ses propos", a lancé l'avocat. "Je me demande ce que vient faire le chef du gouvernement dans cette mêlée", a-t-il ajouté peu après.

"Ob dit que des gens ont été poussés au suicide... Qui, quand, où?"

L'avocat s'est également indigné de la nouvelle affaire qui est venue s'ajouter lundi à celle déjà mise en lumière par l'association La Parole libérée, qui rassemble des victimes de prêtres pédophiles. Un cadre du ministère de l'Intérieur a révélé dans les colonnes du Figaro qu'à l'âge de 16 ans, il avait été victime des attouchements sexuels d'un prêtre lyonnais, le père Jérôme Billioud, dont le comportement pédophile était connu du cardinal Barbarin.

"Dans cette affaire, rien ne me paraît normal. Je n'ai pas accès à la procédure, tandis que des gens (des victimes, ndlr) se répandent dans la presse en disant qu'ils ont porté plainte. Et maintenant, voilà qu'un haut cadre du ministère de l'Intérieur dit qu'il a lui aussi déposé plainte, classée sans suite, et qu'il en veut beaucoup au cardinal Barbarin de ne pas s'être occupé de lui! Je pense que ce haut fonctionnaire devrait être rappelé à un certain nombre d'obligations", a tempêté l'avocat.

Me Soulier a ensuite affirmé "ne rien savoir" de cette histoire, qui se serait déroulée en 1990, et du contenu de la plainte déposée contre son client. "Il (la victime, ndlr) peut se répandre dans la presse, il peut raconter n'importe quelle corniguedouille, je n'en saurais rien." Le conseil de Mgr Barbarin affirme d'ailleurs songer à porter plainte pour diffamation. "Quand on dit que des gens ont été poussés au suicide... Qui, quand, où?"

Alexandra Gonzalez