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Pédophilie: une autre victime met en cause le silence du cardinal Barbarin

Les témoignages se multiplient. Après le scandale du groupe scout Saint-Luc, un autre témoignage vient éclabousser le diocèse de Lyon.

Le récit de Pierre, dont le prénom est modifié, est glaçant. Âgé de 42 ans, il affirme avoir été abusé lors de son adolescence par un prêtre lyonnais, proche de l'Action française, et qui professe à la Croix Rousse, à Lyon. D'après un proche de cet homme, qui s'est confié au Point, Pierre, haut-fonctionnaire dans un ministère, a déposé plainte pour "mise en danger d'autrui et provocation au suicide" contre le prêtre qu'il accuse mais aussi contre le cardinal Barbarin.

La culpabilité et le silence

Au Figaro, qui recueille son témoignage, Pierre raconte comment s'y est pris le prêtre pour l'agresser sexuellement lors d'un séjour à Biarritz. Il a alors 16 ans. "Il a commencé à se frotter et à se masturber contre moi. J'étais très gêné, je ne savais pas quoi faire, j'ai fini par dormir par terre et j'ai fait comme si rien ne s'était passé".

Pierre ne dit rien, étouffé par un sentiment de honte et de culpabilité. Ce n'est qu'en 2009 qu'un médecin le pousse à déposer plainte. La victime a 35 ans et il rencontre Mgr Barbarin qui n'est pas surpris par son récit.

Le silence coupable de la hiérarchie

"Le cardinal m'a dit qu'il était parfaitement au courant et qu'il reconnaissait les faits me concernant. Le cardinal m'a demandé pardon au nom du prêtre. Je suis choqué qu'il n'ait pas pris la mesure du problème et qu'il se soit abrité derrière la prescription pénale. Il n'a rien fait pour protéger les autres enfants, il l'a laissé en place, au même endroit", s'insurge aujourd'hui Pierre.

Un récit qui vient s'ajouter à ceux qui accusent déjà le cardinal Barbarin d'avoir laissé travailler des pédophiles dans son diocèse. Les enfants du groupe Saint-Luc, victime eux aussi d'actes pédophiles commis par un prêtre lyonnais, dénoncent le silence coupable de l'édile qui aurait étouffé l'affaire. Regroupé dans une association, celle-ci a démenti lundi soir sur BFMTV être en contact avec cette nouvelle victime présumée de l'Eglise, que Le Point et Le Figaro présentent comme un conseiller. 

"Il ne s’est jamais présenté à nous, nous n’avions eu aucun contact avec lui, a assuré Bertrand Virieux, secrétaire de l'association "La parole libérée". Nous nous sommes une pauvre association, nous sommes des amateurs, nous nous sommes ligués par détermination mais sans aucun soutien qu'il soit politique, qu'il soit institutionnel. Je démens catégoriquement tout soutien de ce monsieur."

Paul Aveline