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Lyon: un prêtre soupçonné d'attouchements sur mineurs placé en garde à vue

Un prêtre de la région lyonnaises est accusé d'avoir abusé de plusieurs des scouts qu'il chapeautait il y a 25 ans.

Un prêtre de la région lyonnaises est accusé d'avoir abusé de plusieurs des scouts qu'il chapeautait il y a 25 ans. - AFP

L'affaire remonte à 25 ans mais a connu un rebondissement lundi avec le placement en garde à vue d'un prêtre lyonnais pour plusieurs agressions sexuelles sur mineurs alors qu'il encadrait des scouts dans les années 1970 et 1980.

Un prêtre soupçonné d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts il y a plus de 25 ans a été placé en garde à vue lundi à Lyon. Le septuagénaire, qui réside à Fontaine-sur-Saône (Métropole de Lyon), est actuellement entendu par les policiers de la brigade de la protection de la famille de la Sûreté départementale.

20 ans à encadrer les scouts

Il est soupçonné d'agressions sexuelles aux dépens d'au moins trois mineurs, ex-membres d'un groupe scout indépendant qu'il a encadré pendant une vingtaine d'années, du début des années 1970 à 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans la banlieue ouest de Lyon.

Le prêtre, qui était doyen de plusieurs paroisses dans le Roannais jusqu'en août dernier, est visé par plusieurs plaintes d'anciens scouts du groupe Saint-Luc déposées depuis mai 2015. Une enquête préliminaire "pour agression sexuelle" avait été ouverte cet été par le parquet de Lyon.

Compte tenu de l'ancienneté des faits, certaines plaintes devraient être prescrites mais d'autres sont jugées recevables par la justice. Plusieurs hommes qui disent avoir été victimes du prêtre, pour la plupart des quadragénaires, se sont rassemblés au sein d'une association, "La Parole Libérée", afin de "rompre l'omerta" entourant ces faits depuis des décennies.

L'Eglise visée

L'association, qui dit avoir d'ores et déjà recueilli une quinzaine de témoignages, vise en particulier la gestion par l'Eglise du cas de ce prêtre. Celui-ci a continué à être en contact avec des enfants, via notamment l'enseignement du catéchisme, après avoir été écarté du groupe Saint-Luc à la suite d'un signalement d'une famille au cardinal Albert Decourtray, alors Primat des Gaules.

L'association a publié sur son site internet de nombreux témoignages, ainsi qu'une lettre du prêtre mis en cause, adressée en 1991 au père d'une victime: "Je n'ai jamais nié les faits qui me sont reprochés. Ils sont pour moi une blessure profonde dans mon coeur de prêtre", peut-on lire dans ce courrier manuscrit et signé. Fait rarissime, c'est le diocèse de Lyon qui a pris l'initiative, en octobre, de révéler les plaintes visant le prêtre.

L'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, avait alors indiqué avoir relevé le mis en cause de ses responsabilités pastorales et lui avoir interdit tout contact avec des mineurs. Le diocèse avait ensuite avancé l'hypothèse d'un procès canonique "à l'issue de la procédure civile, selon les règles prévues par l'Église". 

la rédaction avec AFP