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Réforme des retraites: comment expliquer la longévité du mouvement social?

Les rares lignes de métro ouvertes sont prises d'assaut.

Les rares lignes de métro ouvertes sont prises d'assaut. - Martin Bureau - AFP

Le mouvement a battu, en termes de durée, les grèves de 1986-1987 et celles de 1995. Une longévité due, entre autres, au caractère universel de la réforme.

Avec l'entrée dans son 29e jour de contestation ce jeudi, l'actuel mouvement contre la réforme des retraites, ininterrompu depuis le 5 décembre dernier, a battu le record de 1986-1987, où 28 jours de grève en continu avaient eu lieu. 

Une longévité due à plusieurs facteurs, analyse l'historien Stéphane Sirot, invité de BFMTV ce jeudi.

"On n'était (en 1986-1987, NDLR) pas dans le cadre de revendications comme celles d'aujourd'hui, qui concernent une réforme qui se veut universelle et qui donc par conséquent touche et concerne l'ensemble des Français, ce qui explique sans doute que, pour le moment en tout cas, (...) l'opinion publique reste majoritairement favorable au mouvement de grève, ce qui n'est pas quelque chose d'anodin après trois ou quatre semaines de conflit", pointe le spécialiste des mouvements sociaux.

"Dès lors qu'on a un gouvernement qui est comme celui-ci, beaucoup dans les dynamiques de communication, forcément, la variable de l'opinion publique, elle est d'autant plus importante et je pense que c'est un enjeu qui, à la rentrée, va être un enjeu essentiel", insiste l'historien.

L'argent, nerf de la guerre

Un autre paramètre, plus prosaïque, peut également expliquer la durée de cette grève, développe Stéphane Sirot, qui pointe les ressources financières des grévistes. "On sait que dans les entreprises qui sont le moteur de ce conflit, les salariés touchent le treizième mois en fin d'année, ce qui veut dire que le premier mois de grève peut être soutenu relativement raisonnablement", analyse le chercheur.

Mais une fois ce mois arrivé à son terme, le mouvement peut-il continuer tel quel sans s'essouffler?

"Ça va devenir beaucoup plus compliqué, concède Stéphane Sirot. Mais en même temps on voit aussi une détermination manifeste, de la part de ceux qui sont aujourd'hui mobilisés", poursuit-il. "Et puis il va y avoir à la rentrée une série de rendez-vous qui, au-delà du calendrier du gouvernement vont être déterminants parce que certaines professions annoncent qu'elles vont se mobiliser, y compris les professions libérales comme les avocats, il va y avoir la journée du 9 janvier où on va pouvoir constater si le mouvement connaît une dynamique nouvelle."
Clarisse Martin