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Pau et Gap rendent hommage aux 13 militaires tués au Mali

Les villes de Pau et de Gap ont rendu hommage, ce mardi, aux treize militaires morts au Mali lundi soir. Dans son discours, le maire de Pau François Bayrou a nommé un par un les soldats morts en opération.

Anciens combattants, hauts gradés de l'armée, élus mais aussi simples citoyens : plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées mardi soir à Pau ainsi qu'à Gap pour rendre hommage aux treize militaires de l'opération Barkhane morts au Mali, dont sept appartenaient au 5e régiment d'hélicoptères de combat (5e RHC) de la ville.

À Gap, une large foule s'est réunie pour l'hommage organisé par l'édile Roger Didier. Françoise Evesque, présidente de l'association de l'Ordre du Mérite dans les Hautes-Alpes a expliqué à BFMTV à quel point il était "important de rendre hommage à leur courage."

"Ils ont donné leur vie, c'est quelque chose d'extraordinaire", a-t-elle déclaré. "On est ému de ce qu'il s'est passé. On est très attaché à ce régiment avec lequel on a des relations permanentes. Ils se battent pour nous, ils nous protègent, on ne peut que les remercier".

"Une présence et une fierté de chaque jour"

Devant l'hôtel de ville aux drapeaux en berne, les portraits des sept militaires de la base de Pau Uzein encadraient l'estrade depuis laquelle le maire de Pau François Bayrou a appelé à une minute de silence, avant que l'assistance n'entonne la Marseillaise.

Le maire a évoqué ces militaires du 5e RHC, "une présence de chaque jour, une fierté de chaque jour" pour sa ville, disant le "sentiment d'admiration pour leur professionnalisme (...) leur esprit de sacrifice".

Le lien avec les familles des victimes "est renforcé" et "nous avons bien l'intention de les serrer dans nos bras moralement dans l'épreuve qu'elles ont commencé à traverser ce matin", a-t-il ajouté.

"Votre présence ici ce soir montre que vous avez conscience qu'il faudra accompagner longtemps les familles avec beaucoup de coeur et de persévérance", a dit à la foule le lieutenant colonel en second Karl Flambry.

"Ils ont des enfants, des familles"

Dans l'assistance, René Martinet, ancien pilote du 5e RHC de Pau, entre 1978 et 1983, tenait à être présent, en tant qu'ancien combattant. "Je sais ce que c'est que de perdre des camarades", dit-il à l'AFP.

"Lors de ces opérations, qui ont lieu de nuit, les hélicoptères sont très proches les uns des autres. On craignait toujours des collisions et là c'est arrivé", ajoute-t-il.

Pour Isabelle et Marie, qui disent être "des proches" de l'un des soldats du 5e RHC palois, "c'était une évidence pour nous d'être là ce soir". "Ce matin on a été atterrées, effondrées quand on a appris la nouvelle. On a pensé à sa famille", raconte Isabelle. 

Nathalie, une Paloise, essuie ses larmes après l'hommage : "J'ai un neveu engagé donc ça me touche particulièrement, même si je ne les connaissais pas personnellement. Ils sont tellement jeunes, ils ont des enfants, des familles, c'est dramatique. Ils se sont sacrifiés pour nous préserver"

Jeanne Bulant avec AFP