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Militaires morts au Mali: pourquoi ces opérations sont-elle délicates? 

Un hélicoptère Cougar - Image d'illustration

Un hélicoptère Cougar - Image d'illustration - ALEXANDER KLEIN / AFP

En plus des risques inhérents à de telles opérations, les soldats français doivent aussi faire face à des conditions climatiques difficiles et à des reliefs compliqués.

Au lendemain de la collision accidentelle entre deux hélicoptères qui a fait 13 morts parmi les militaires français présents au Mali dans le cadre de l'opération Barkhane, visant à lutter contre la menace terroriste dans la région, de nombreuses questions se posent quant aux circonstances du drame. 

"Engagés au sol depuis quelques jours, des commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000", a précisé l'état-major des Armées dans un communiqué.

Un climat et un relief difficiles 

Et c'est précisément entre deux hélicoptères de cette opération, un Cougar, un appareil de manœuvre, et un Tigre, un hélicoptère de combat, que l'incident a eu lieu. 

Invité sur notre antenne, le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la Revue Défense nationale, souligne que les opérations sont souvent compliquées à réaliser dans le pays sub-saharien qu'est le Mali. 

"Le terrain est extrêmement difficile. C’est un terrain désertique avec beaucoup de reliefs et un accident est hélas toujours possible même si nos militaires sont aguerris, entraînés. Il suffit qu’il y ait eu du vent, de la poussière soulevée, un hélicoptère ça va très vite sur le terrain", explique-t-il. 

Il est rejoint par le général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’Etat-Major de l’armée de l’air, qui lui aussi met en avant les "impondérables" liés à de telles opérations. 

"Il faut se mettre dans l’ambiance, ces opérations ont lieu de nuit, parfois avec des conditions météo très délicates, avec des vents de sables", explique-t-il.

Des opérations sous pression

Malgré des opérations minutieusement préparées au préalable, ces opérations comportent, en particulier dans de telles régions sensibles, de réels risques. C'est pour cette raison que les hélicoptères de manœuvre sont toujours accompagnés d'un appareil de combat. 

"Dans l’opération Barkhane, il y a toujours des binômes et les hélicoptères de transports sont protégés par ceux de combat qui peuvent engager un adversaire. Mais dans un environnement désertique avec du relief, il peut y avoir un accrochage en vol, ça va vite, ils vont à plus de 200 km/h", souligne le général Jérôme Pellistrandi. 

Au-delà des conditions naturelles, la présence "d'ennemis, d'adversaires" est aussi une composante majeure à prendre en compte.

"C'était une opération difficile, dans des conditions de combat, ce n’est pas seulement une collision, mais un accident en marge d’une opération", concluait en début d'après-midi François Lecointre, chef d'État-Major des armées, lors d'un point presse consécutif à l'annonce de la mort des treize militaires français. 
Hugo Septier